Livres numériques pour enfants 1/2

J’ai dans mon bureau une petite collection de livres que j’utilise en rééducation, notamment une série de Tchoupi que j’avais achetée pour une formation de français signé. Malgré tout il faut que je me rende à l’évidence, même si j’adore la littérature enfantine je ne vais pas pouvoir charger mon armoire de livres au risque de ne plus avoir de place pour le reste de mon matériel de rééducation. Heureusement, il me reste l’ipad et les livres numériques.
J’ai donc quelques ouvrages sur les étagères de ma tablette que je me propose de vous présenter aujourd’hui et vendredi prochain.

Je suis qui moi ? de Apps of all nations (gratuit)

C’est l’histoire d’un petit lapin qui se demande qui il est. Il se compare à différents animaux pour essayer de trouver ses origines.

Les illustrations d’Ursula Schmidt sont très belles et l’application est interactive : les enfants peuvent cliquer sur plusieurs éléments de l’image statique pour déclencher des animations et des sons.

Au niveau des menus on peut choisir la voix du narrateur (enfant, adulte, ou pas de narration), activer ou pas la musique de fond, laisser les pages se tourner seules ou pas, et utiliser un microphone pour enregistrer soi-même l’histoire.

Le + en rééducation: la structure des phrases est redondante d’une page à l’autre ce qui est plutôt pratique, que ce soit avec des petits en rééducation de langage ou des plus grands apprentis lecteurs.

Le petit escargot de Rye (gratuit)

C’est l’histoire d’un petit escargot qui en a marre de porter sa coquille sur son dos. Il rencontre une chenille puis un ver de terre et demande à sa mère pourquoi eux n’ont pas besoin de coquille pour se protéger.
Les illustrations sont jolies et la voix de la conteuse est très agréable. Par contre cela reste un livre d’images, il n’y a pas d’interactions possibles pour les enfants dans l’application.
En ce qui concerne les menus il y a possibilité d’entendre ou pas la voix de la conteuse, de laisser les pages se tourner seules ou pas, et de voir le texte intégral de l’histoire en plusieurs langues.

Le + en rééducation : on peut essayer de trouver pourquoi les autres animaux n’ont pas besoin de coquille.

Pénélope à la ferme de Gallimard Jeunesse (3,99€)

Cette application est un vrai bijou d’interactivité pour les petits. Pénélope se promène dans la ferme et les enfants sont amenés à effectuer plusieurs actions pour l’aider dans ses tâches quotidiennes (retrouver les bébés, nourrir les animaux…) Le texte est écrit à chaque fois mais est automatiquement lu par la narratrice qui donne aussi les consignes pour aider Pénélope.

Le + en rééducation : on peut guider l’enfant avec des termes topologiques pour la recherche des bébés animaux ou du doudou de Pénélope (en lui faisant nous raconter où ils étaient cachés). Très riche au niveau du lexique (bébés animaux, alimentation…)

Le garçon qui criait au loup de Fairy Tale (0,79€)

Il s’agit de l’histoire classique tirée des fables d’Esope.
L’application ne propose aucun réglage, ni la possibilité de se faire lire l’histoire par un narrateur, ni celle de couper la musique qui est un peu répétitive. Par contre les dessins sont sympathiques et de nombreux éléments des décors sont cliquables. Enfin il est à noter deux belles fautes d’accord sur les deux dernières pages qui feront crisser des dents les plus puristes.

Le + en rééducation : comme pour toutes les fables c’est surtout le débat qui aura lieu autour qui est intéressant.

Livre promenade magique – Ma ville – de Wonderkind (0,79€)

Pas de texte ici mais trois tableaux animés dans lesquels de nombreuses animations se cachent. Un bon prétexte pour découvrir et raconter et une application dont j’aime beaucoup les graphismes.

Le + en rééducation : le travail possible sur les prépositions, le lexique, la temporalité, l’exploration visuelle.

Dictionnaires et conjugaison sur iPad

J’avais dans mon ancien bureau un gros dictionnaire dont j’ai dû me servir à peine 2 ou 3 fois en deux années de travail avec mes patients.

Ne vous méprenez pas, j’adore le dictionnaire, j’avais même entrepris de l’apprendre par cœur lors de mes révisions pour le concours d’orthophonie (enfin bon je ne suis même pas arrivée à la fin de la lettre a), mais en séance de rééducation je ne trouve pas que le dictionnaire soit un outil « pratique ».

Les patients ont un tel vécu négatif autour de cet outil qu’il soupirent dès qu’ils l’aperçoivent, et il faut bien reconnaître que chez eux cela fait belle lurette que Google a replacé le dico, pour le meilleur comme pour le pire.

Et puis si on passe 10 minutes à chaque séance à chercher un mot dans le dictionnaire il ne reste plus beaucoup de temps pour faire l’exercice que l’on souhaitait faire faire, et le patient est tellement épuisé par la recherche qu’il ne retient même pas la réponse à sa question.

Mes solutions à l’époque étaient donc de chercher une image sur Google images, ou de donner moi-même l’orthographe du mot… mais ni l’une ni l’autre ne sont très satisfaisantes. La première car il y a beaucoup de « déchets », voire d’images pornos (il est très important de toujours tourner l’écran vers soi lorsque l’on fait une recherche sur Google Images), la seconde car le patient est très passif.

Vous me voyez donc arriver avec mes gros sabots, ou plutôt avec mon iPad, qui se trouve être un support génial pour ce genre de recherches.

Selon la demande du patient, je lui propose l’une des 4 applications que je vais vous présenter :

Wikipanion de Robert Chin (gratuit)

Si je recherche une image d’illustration, et un petit texte de présentation. Attention cette application a besoin d’un accès à internet puisqu’il s’agit d’une interface iPad pour le site Wikipedia. De même les informations étant issues de Wikipedia qui est une encyclopédie collaborative, n’importe qui peut avoir rédigé l’article et vous ne pouvez pas être sûr à 100% de sa pertinence (même si pour les mots recherchés en séance il ne devrait pas y avoir trop de soucis).

Larousse Français (4,99€)

Si j’ai besoin de chercher l’orthographe d’un mot, ou si je veux connaitre sa nature grammaticale, c’est l’application la plus simple tout en étant une référence. Comme vous pouvez le voir, le design est très épuré mais cela a du bon notamment lorsque l’on se trouve face à un patient qui a tendance à s’éparpiller un peu.

Dictionnaire illustré de Larousse (6,99€)

Pour les mêmes usages que l’application précédente,  mais l’application posséde d’autres parties en plus de la partie dictionnaire : atlas, biographies, thésaurus, proverbes et locutions, chronologie et galerie d’images.

Une fois que l’on a cherché un mot dans la partie dictionnaire de petits onglets apparaissent en bas de page, permettant de trouver des expressions reliées à ce mot, des synonymes, des homonymes, des difficultés particulières au niveau de l’orthographe et un onglet conjugaison qui n’est bien entendu actif que pour les verbes.

« La Conjugaison » de Anuman (0,79€)

Pour la conjugaison justement je possède une application très simple basée sur les livres édités par Bordas.

Cette application propose les conjugaisons de tous les verbes du français ou presque, et est rapide d’accès (je trouve plus rapide d’utiliser une application « spéciale conjugaison » que de passer par la définition du Larousse illustré, lequel vous donnera cependant les mêmes informations)

Au final ces 4 applications sont complémentaires mais les informations se recoupent aussi parfois.

S’il ne fallait en garder qu’une seule je vous conseillerais le Larousse Illustré, mais il est vrai que c’est également la plus chère. Au passage je tenais à signaler que je n’ai payé aucune de ces applications mais que je les ai récupérées au fur et à mesure d’opérations promotionnelles des éditeurs.

Et vous ? Seriez-vous prêt à abandonner votre dictionnaire papier pour une application ? N’hésitez pas à donner votre avis dans les commentaires !

[Tutoriel] Créer un jeu de familles avec Inkscape

Il y a encore peu de temps, j’étais collaboratrice dans un super cabinet, et mes titulaires possédaient énormément de matériel. Je n’avais donc pas trouvé nécessaire d’investir dans des jeux qui feraient double emploi, et je me servais donc essentiellement de ce qu’elles avaient. Oui mais voilà, depuis que je suis dans mon propre cabinet je me retrouve avec des placards vides, et avant d’investir des mille et des cents dans du matériel onéreux je préfère voir ce que je peux fabriquer moi-même.
J’ai donc décrété que je pouvais tout à fait créer des jeux de cartes toute seule comme une grande, et je suis partie à la recherche du logiciel idéal pour cela.

J’ai choisi d’utiliser Inkscape, qui est un logiciel libre de dessin vectoriel et je vais vous proposer un petit tutoriel pour la création d’un jeu de familles.

Les avantages

  • logiciel libre
  • logiciel gratuit
  • très paramétrable et puissant une fois que l’on sait s’en servir,
  • permet de cloner des parties de l’image (on en verra l’utilité dans la création d’un jeu de carte),

Les inconvénients

  • prise en main un peu technique, à déconseiller aux débutants en informatique
  • impossibilité d’imprimer un document de taille supérieure à un A4

Tutoriel pour créer un jeu de familles :

Dernièrement, j’ai créé un jeu de familles avec des graphies triples. Chaque famille contient 5 cartes et chaque carte contient les 5 mots écrits ainsi que l’image du mot en question.

Tout d’abord, j’ai créé une trame de jeu de familles, que vous pouvez télécharger ici.

Pour chaque famille, il suffit ensuite de modifier le titre de la famille et la liste des mots sur la première carte, les autres cartes seront mises à jour automatiquement.

Enfin il faut copier-coller les images (celles de la banque de données ARASAAC par exemple) dans chacun des petits cadres, les redimensionner (20mmx20mm)… et voilà !

Si votre jeu comporte plus de 4 familles, il faudra enregistrer ce que vous venez de créer, puis ouvrir une nouvelle fois la trame pour fabriquer jusqu’à 4 nouvelles familles.

Vous pouvez modifier la couleur des en-têtes très simplement en changeant la couleur de remplissage du cadre (un seul cadre pour tous les en-têtes d’une même famille).

Enfin si avant de vous lancer dans la création d’un jeu de famille vous voulez vous familiariser avec le logiciel, vous pouvez commencer par le télécharger, et ouvrir le didacticiel « Inkscape : basique » disponible dans le menu d’aide.

En ce qui me concerne je n’avais encore jamais utilisé ce logiciel il y a quelques mois et maintenant je le trouve vraiment indispensable pour ce genre de créations.

Ce que j’apprécie particulièrement dans ce jeu de familles, c’est de ne pas avoir à modifier chaque carte individuellement (à part ce qui est spécifique à chacune d’entre elles) puisque les 5 cartes d’une même famille sont reliées. Croyez-moi, le jour où vous aurez des coquilles à corriger vous me remercierez.

Vous trouverez ici le jeu de cartes que j’ai créé pour ce tutoriel (Licence: CC (BY-NC-SA)).

Si vous fabriquez d’autres jeux à partir de ma trame n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires afin que je puisse les partager avec le mien.

De même si vous rencontrez des difficultés à utiliser le logiciel pour créer du matériel orthophonique je suis prête à répondre à vos questions (à partir du moment où cela n’est pas trop technique).