[Tutoriel] Créer un jeu de familles avec Inkscape

Il y a encore peu de temps, j’étais collaboratrice dans un super cabinet, et mes titulaires possédaient énormément de matériel. Je n’avais donc pas trouvé nécessaire d’investir dans des jeux qui feraient double emploi, et je me servais donc essentiellement de ce qu’elles avaient. Oui mais voilà, depuis que je suis dans mon propre cabinet je me retrouve avec des placards vides, et avant d’investir des mille et des cents dans du matériel onéreux je préfère voir ce que je peux fabriquer moi-même.
J’ai donc décrété que je pouvais tout à fait créer des jeux de cartes toute seule comme une grande, et je suis partie à la recherche du logiciel idéal pour cela.

J’ai choisi d’utiliser Inkscape, qui est un logiciel libre de dessin vectoriel et je vais vous proposer un petit tutoriel pour la création d’un jeu de familles.

Les avantages

  • logiciel libre
  • logiciel gratuit
  • très paramétrable et puissant une fois que l’on sait s’en servir,
  • permet de cloner des parties de l’image (on en verra l’utilité dans la création d’un jeu de carte),

Les inconvénients

  • prise en main un peu technique, à déconseiller aux débutants en informatique
  • impossibilité d’imprimer un document de taille supérieure à un A4

Tutoriel pour créer un jeu de familles :

Dernièrement, j’ai créé un jeu de familles avec des graphies triples. Chaque famille contient 5 cartes et chaque carte contient les 5 mots écrits ainsi que l’image du mot en question.

Tout d’abord, j’ai créé une trame de jeu de familles, que vous pouvez télécharger ici.

Pour chaque famille, il suffit ensuite de modifier le titre de la famille et la liste des mots sur la première carte, les autres cartes seront mises à jour automatiquement.

Enfin il faut copier-coller les images (celles de la banque de données ARASAAC par exemple) dans chacun des petits cadres, les redimensionner (20mmx20mm)… et voilà !

Si votre jeu comporte plus de 4 familles, il faudra enregistrer ce que vous venez de créer, puis ouvrir une nouvelle fois la trame pour fabriquer jusqu’à 4 nouvelles familles.

Vous pouvez modifier la couleur des en-têtes très simplement en changeant la couleur de remplissage du cadre (un seul cadre pour tous les en-têtes d’une même famille).

Enfin si avant de vous lancer dans la création d’un jeu de famille vous voulez vous familiariser avec le logiciel, vous pouvez commencer par le télécharger, et ouvrir le didacticiel « Inkscape : basique » disponible dans le menu d’aide.

En ce qui me concerne je n’avais encore jamais utilisé ce logiciel il y a quelques mois et maintenant je le trouve vraiment indispensable pour ce genre de créations.

Ce que j’apprécie particulièrement dans ce jeu de familles, c’est de ne pas avoir à modifier chaque carte individuellement (à part ce qui est spécifique à chacune d’entre elles) puisque les 5 cartes d’une même famille sont reliées. Croyez-moi, le jour où vous aurez des coquilles à corriger vous me remercierez.

Vous trouverez ici le jeu de cartes que j’ai créé pour ce tutoriel (Licence: CC (BY-NC-SA)).

Si vous fabriquez d’autres jeux à partir de ma trame n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires afin que je puisse les partager avec le mien.

De même si vous rencontrez des difficultés à utiliser le logiciel pour créer du matériel orthophonique je suis prête à répondre à vos questions (à partir du moment où cela n’est pas trop technique).

ARASAAC

En rééducation j’ai très souvent besoin d’utiliser des images, ou encore des pictogrammes. Je suis toujours à la recherche d’images pertinentes, que ce soit avec mes patients souffrant de Troubles Envahissants du Développement, ou même ceux qui présentent un simple retard de langage ou de parole.J’ai longtemps parcouru le web à recherche de la banque d’images idéale jusqu’à ce que je tombe sur le Portail Aragonais de la Communication Améliorée et Alternative. Leur site web est en effet très complet, et regorge d’une multitude de fonctionnalités (en espagnol mais également en anglais, français, portugais et brésilien).

Mais parlons plutôt de ce que j’utilise fréquemment en rééducation puisqu’en général je ne passe pas par le site internet.

Déjà, j’ai commencé par télécharger toute la bibliothèque de pictogrammes gratuits en couleur et en noir et blanc (Auteur des pictogrammes : Sergio Palao Provenance: ARASAAC (http://catedu.es/arasaac/ Licence: CC (BY-NC-SA)).

Je les ai enregistrés sur mon PC et dès que j’ai besoin d’une image pour n’importe quel document j’utilise le champ de recherche Windows pour la trouver.

C’est assez rapide, et bien pratique si l’on veut insérer une image dans un document.

Je m’en sers ainsi pour créer des pages A4 avec un grand dessin au trait (pour illustrer une trace faite en DNP par exemple), ou encore pour faire une planche de dessins identiques dans Word (si je dois préparer plein de cadeaux pour un jeu des groupes en rééducation logico-mathématique).

J’ai aussi découvert il y a peu le logiciel Picto Selector. Il s’agit d’un gratuiciel qui permet de fabriquer très facilement des planches d’images à imprimer, et il inclut lors du téléchargement la base de pictogrammes ARASAAC mais également celle de Sclera.be et de Straight-Street.com.

Vous trouverez ci-dessous une vidéo qui présente l’interface en anglais mais sur le site les explications d’utilisation ont été traduites en français, et le logiciel peut être installé en français également.

C’est d’ailleurs grâce à ce logiciel que j’ai créé mes planches d’insectes pour le travail sur l’histoire du « Hérisson tout mignon ».

Enfin il existe également un autre logiciel qui utilise de manière optimale la base de données ARASAAC et il s’agit du logiciel Araword qui permet de transcrire des phrases écrites en pictogrammes.
Je l’ai déjà testé mais n’ai pas encore eu l’occasion de l’utiliser avec mes patients. Cela dit je ne doute pas que cela me servira un jour, peut-être lorsqu’ils auront pris en compte les conjugaisons des verbes en français parce que pour l’instant cela me parait un peu laborieux.

Et vous ? Utilisez-vous une banque de pictogrammes en particulier ? Avez-vous trouvé d’autres logiciels qui permettent de les exploiter de manière simple et fonctionnelle ?

Il était une histoire

Sur Ortho & Co. on trouve de tout à propos des nouvelles technologies : des tutoriaux pour utiliser au mieux des logiciels grand public, des applications ipad, mais aussi des sites internet.
Celui que je veux vous présenter aujourd’hui mérite vraiment d’être connu car il est d’une grande qualité. Il s’agit du site iletaitunehistoire.com.

C’est un site co-créé par la Maif et Rue Des Ecoles. A l’origine il est destiné aux parents et aux enseignants mais comme je le disais dans la présentation du blog : peu importent les outils, c’est ce que nous en faisons qui les transforme en outils de rééducation.

Donc comme l’indique son nom, « il était une histoire » nous présente des albums et des histoires, des contes et légendes, des fables et poésies, des comptines et chansons, des documentaires.

Tous sont joliment illustrés et il y a possibilité d’écouter le texte en étant simplement visiteur du site.
Si en plus vous vous inscrivez gratuitement, vous pourrez télécharger l’histoire en .pdf (texte et illustrations), télécharger l’histoire en .mp3 (audio), et accéder à plein de bonus (des compléments sur l’histoire, des petits jeux).
Je viens de découvrir par ailleurs en écrivant ce billet qu’il existe sur l’accès enseignant de nombreuses fiches donnant des idées d’activités à faire à l’école, du CP au CM2.

Ses avantages

  • site gratuit,
  • grande qualité éditoriale,
  • mises à jour fréquentes (une nouvelle histoire par semaine au minimum),
  • histoires présentées à l’écrit et à l’oral,
  • mise en page claire et aérée, pas de pub envahissante.

Ses inconvénients

  • pour certaines comptines la voix de la chanteuse et les effets qu’elle lui donne me font vraiment crisser des dents

Comment je l’utilise avec mes patients ?

Une histoire est un support très riche à utiliser en orthophonie. Je ne ferai donc pas la liste de tous les objectifs que l’on peut se fixer avec nos patients mais je vous propose de vous présenter ce que j’ai fait avec Quentin, 6 ans, souffrant d’un retard de langage important (les noms de mes patients sont volontairement modifiés).

Avec Quentin je suis partie de l’histoire « Un hérisson tout mignon« 

Nous avons d’abord écouté le texte à deux reprises, puis je lui ai demandé de me la raconter. J’ai enregistré son récit pour que nous puissions le réécouter plus tard. Nous avons ensuite écouté le texte une nouvelle fois, en regardant l’image cette fois-ci.

Dans l’histoire, certains mots n’étaient pas connus de Quentin, nous avons donc recherché ensemble leur signification, et nous les avons dessinés.

Nous avons aussi profité du texte de cette histoire pour travailler sur la formulation passive. Suite à la phrase : « cette mission nous a été confiée par le roi de la forêt », nous avons imaginé plusieurs missions qui pourraient nous être confiées, et par qui. Nous les avons illustrées et nous avons ensuite joué les petites scénettes dans le bureau (en tirant au hasard une mission chacun son tour).

Par exemple cela donnait des scénettes comme celle-ci :
– « Que fais-tu Quentin ?
– Je range ma chambre.
– Qui t’a confié cette mission ?
– Cette mission m’a été confiée par ma maman. »

Cette histoire a également été à l’origine d’un travail sur le champ lexical des insectes (comme la coccinelle et le papillon du début de l’histoire). J’ai proposé plusieurs activités comme le classement d’images (insecte/pas insecte, qui pique/qui pique pas, qui vole/qui vole pas), et la fabrication de nouveaux insectes bizarres à partir d’une application iPad (Bug Builder).

Enfin nous avons travaillé sur la conscience des rimes. Nous avons écouté chaque phrase de l’histoire, et trouvé la rime. J’ai ensuite proposé 2 autres fins de phrases (sémantiquement correctes) et Quentin devait choisir celle qui rimait également.

Tout ce travail a bien entendu été étalé sur plusieurs séances, et à chaque fois nous commencions par écouter l’histoire.
A la fin de ce travail, j’ai proposé à Quentin de me la raconter à nouveau. Je l’ai enregistré et nous avons écouté les 2 versions de son histoire.

Au final cette histoire m’aura permis de travailler (entre autres…) :

  • l’attention auditive,
  • la structure morphosyntaxique de la forme passive,
  • le champ lexical des insectes,
  • la conscience des rimes,
  • le récit.

Et vous ? Utilisez-vous des histoires avec vos patients en rééducation ? Avez-vous trouvé votre bonheur sur iletaitunehistoire.com ?
Seriez-vous intéressés par le matériel que j’ai créé autour de cette histoire ?

[Tutoriel] Créer un modèle de document

Aujourd’hui je vais vous parler d’un logiciel que vous connaissez très certainement tous et toutes, et que vous utilisez certainement au quotidien : le traitement de texte.

Alors oui un traitement de texte c’est bien, mais connaitre quelques astuces pour ne pas s’arracher les cheveux quand on l’utilise c’est encore mieux.

Personnellement j’utilise le logiciel Word 2007. C’est une question d’habitude je pense, et puis j’en avais acquis une licence à vie pour peu de frais lorsque j’étais encore étudiante. Bref, libre à vous bien entendu d’utiliser un autre logiciel de traitement de texte, car je pense que mes « astuces » peuvent être adaptés aussi bien sous OpenOffice que sous LibreOffice, ou iWork.

Le traitement de texte est l’un des logiciels que j’utilise le plus souvent. C’est celui dont je me sers principalement pour rédiger mes courriers, mais également mes comptes rendus de bilan. Et ces deux types de documents ont quelque chose en commun : ils sont assez redondants. Enfin je veux dire ils ont une mise en page qui reste toujours relativement stable. Et du coup il y a plusieurs écoles pour garder toujours la même mise en page.

Voici celles que j’ai pu observer chez d’autres orthophonistes :

  • première solution : un jour je créé un premier document. Si j’ai ensuite besoin d’un autre document similaire j’ouvre ce premier document et je le modifie. Si j’ai besoin d’un troisième document similaire j’ouvre au choix le document 1 ou 2 et je le modifie. Le problème avec cette solution c’est qu’il est statistiquement impossible de ne pas un jour ou l’autre écraser un document que l’on souhaitait conserver (c’est à dire enregistrer le nouveau document par dessus l’ancien)
  • deuxième solution : un jour je créé un premier document. Je fais une trame de compte-rendu par exemple, que j’enregistre sous « trame de compte-rendu ». Ensuite à chaque fois que j’ai besoin de rédiger un compte-rendu j’ouvre ce document, je le modifie, et je prends bien soin de le renommer au moment d’enregistrer. Le problème avec cette solution c’est qu’un jour ou l’autre je risque d’enregistrer le CR de l’un de mes patients à la place du modèle, et il faudra tout recommencer (ou au moins passer du temps à supprimer tout le contenu non adapté à un « modèle »).

Car oui, on arrive à la troisième solution

Créer un modèle de document

Sous Word 2007 il s’agit de l’extension .dotx.

Pour le créer c’est très simple : Ouvrez votre logiciel de traitement de texte, et créez un nouveau document, ce sera votre trame.

Au moment de le sauvegarder, choisissez dans le menu déroulant le type de document que vous souhaitez créer (modèle word). Vous avez créé un modèle de document !

 Comment ça marche ensuite ?

Et bien à chaque fois que vous voudrez créer un nouveau document de ce type, vous n’aurez qu’à double-cliquer sur votre modèle. Word vous ouvrira alors un document vierge, sans nom, mais avec la mise en page de votre modèle.

Vous pourrez faire toutes les modifications que vous souhaitez sur ce nouveau document, cela n’affectera pas votre modèle ! Aucun risque non plus d’écraser un fichier important, ni de perdre le fichier (oups, je suis certaine d’avoir enregistré ce compte-rendu mais je ne sais plus où ?? -> ah tiens, après 10 bonnes minutes je viens de le retrouver, il s’appelle « trame de compte-rendu »… que celui à qui ça ne rappelle rien me jette la première pierre).

Si vous souhaitez un jour modifier votre modèle de document il vous faudra faire un clic droit : ouvrir le document.

Vérifiez sur la barre tout en haut de Word que votre fichier à bien une extension de type .dotx. Toutes les modifications que vous ferez alors seront bien enregistrées sur votre modèle (après que vous ayez cliqué sur « enregistrer » bien entendu).

Ces modifications apparaîtront sur les nouveaux documents que vous créerez à partir de ce modèle, mais ne modifieront pas les fichiers déjà créés.

En ce qui me concerne je possède un modèle de courrier avec mon entête, une mention en pied de page sur la facturation (Membre d’une association de gestion…) que je peux supprimer si elle n’est pas nécessaire (c’est toujours plus rapide que de la retaper), un champ qui inscrit automatiquement la date du jour, et les formules de politesse ainsi que mon nom déjà tapés en bas du courrier.

Je possède également un modèle « générique » pour mes comptes-rendus, lequel me sert de base pour créer mes modèles de compte-rendus par pathologie (au nombre de 11 actuellement).

Et vous ? Avez-vous déjà pesté parce que vous aviez écrasé un document important ? Connaissiez-vous l’existence des modèles de documents ? Les utilisez-vous pour faire autre chose en rapport avec la pratique orthophonique ?