Y’a pas photo

Armelle Pinazo, orthophoniste, m’a contactée récemment pour me parler d’un logiciel et d’une application qu’elle utilise souvent en rééducation.

Devant son enthousiasme, je lui ai proposé d’être la première rédactrice invitée du blog et d’écrire une petite critique à votre intention ! 

Voici donc ce qu’Armelle pense du logiciel et de l’application « Y’a pas photo » :

y-a-pas-photo-1Editions Créasoft www.editions-creasoft.com

Conception : Benoît Peucelle, Orthophoniste

Public visé

  • Adultes avec des troubles du langage d’origine neurologique
  • Enfants avec troubles articulatoires, retard de parole et troubles du langage oral /écrit

Supports et tarifs

Y-a-pas-photo-2Description

Le logiciel/l’application comprend un imagier de 500 photos et 15 activités réparties en 4 modules :

1) Compréhension orale en désignation d’images

  • Mot entendu/ 4 images
  • Mot défini / 4 images

2) Expression orale

  • Dénomination d’images

3) Expression écrite

  • Dénomination écrite d’images
  • Lecture de mots
  • Lecture de phrases et de textes

4) Compréhension écrite

  • appariement 4 mots/4 images
  • appariement mot entendu/mot écrit
  • reconnaissance de mots épelés
  • mot à écrire à partir de lettres mélangées
  • mot à écrire à partir de syllabes mélangées
  • phrase à écrire à partir de mots mélangés
  • mot à retrouver à partir de sa définition
  • phrases lacunaires
  • questions écrites sur un texte

Dans chaque exercice, différentes aides facilitatrices peuvent être proposées au patient : phonologique, sémantique, littérale, syllabique, morphologique, visuelle.

Points forts

On aime bien :

  • l’imagier, parce qu’on en a toujours besoin en orthophonie !
  • la possibilité d’imprimer les photos pour créer un carnet de communication pour le patient.
  • les 3 bases de données (interne, patient, visiteur) exploitables séparément ou simultanément
  • la sauvegarde des résultats du patient pour suivre son évolution au cours de la rééducation
  • les 2 polices d’écriture proposées (majuscules ou minuscules script)
  • la voix de bonne qualité
  • la possibilité de l’utiliser sur tablette pour les domiciles ou au cabinet.

On adore !

y-a-pas-photo-3 (Copier)

  • la palette des exercices proposés qui permet un bon travail au niveau du mot avec toutes les transpositions (répétition, dénomination, lecture, écriture, copie)
  • la facilité d’utilisation
  • et surtout la possibilité de faire du « sur mesure » qui en fait un incontournable grâce :
  • au paramétrage : pour chaque activité, il est possible de trier les images en fonction de la catégorie sémantique qu’on veut travailler, de la longueur du mot (1/2/3 syllabes ou plus) et des phonèmes souhaités.
  • à la personnalisation de la banque d’images : on peut insérer de nouveaux mots /photos pour chaque patient (dans la base profil) ou pour tous les patients (dans la base de l’orthophoniste appelée « base visiteur »)

y-a-pas-photo-4 (Copier)

Points faibles

  • les photos plutôt adaptées à des adultes qu’à des enfants
  • les boutons de défilement gauche/droite sur l’écran d’accueil qui donnent l’impression de conduire en Angleterre.

Points faibles sur tablette

  • l’impossibilité d’ajouter des mots/photos sur l’iPad, alors que c’est possible sur tablette Androïd !
  • l’affichage qui ne couvre pas la totalité de l’écran : préférer une tablette 10’ pour une meilleure visibilité
  • le bouton de commande « mot suivant » trop souvent affleuré par inadvertance par les patients gauchers parce qu’il est situé sur la partie inférieure gauche de l’écran.

 

Merci beaucoup Armelle pour cette critique !

Si vous souhaitez vous aussi être rédacteur invité sur le blog c’est très simple, envoyez-moi un email à l’adresse suivante : lydie (at) ortho-n-co.fr

Et comme toujours n’hésitez pas à partager ce billet sur les réseaux sociaux et à donner votre avis dans les commentaires !

[Tutoriel] Générer des phrases en pictos avec Araword

La petite histoire

Avec mes patients, j’aime beaucoup utiliser les livres comme support de rééducation. Pour les petits j’ai des imagiers bien entendu, mais aussi d’autres livres adaptés à leur âge. En particulier j’ai une belle collection de livres de Tchoupi, que j’avais achetés lors d’une formation de français signé (nous avions décidé d’un commun accord de travailler sur ce support pour apprendre des signes adaptés à nos patients).

Partant de là, je me suis dit un jour qu’il pouvait être intéressant pour certains d’entre eux de raconter l’histoire non seulement en signes, mais également en pictogrammes (avec des phrases simplifiées). Pour cela j’ai utilisé le logiciel Araword qui est libre et gratuit.

livre

Téléchargement et installation

Araword a été créé dans le cadre du Proyecto Tico et fait partie du pack Arasuite, que vous pouvez télécharger ici.

Après l’installation, vous pouvez lancer le logiciel qui sera alors en espagnol. Pour le mettre en français il faut aller dans « Herramientas > Preferencias Generales > Idioma de la aplicacion » et choisir « Frances ». De même pour « Idioma del documento ». Cliquez ensuite sur « Aceptar ».

Ensuite dans « Outils > Gestion des ressources » cliquez sur « Vérifier les mises à jour », le logiciel va alors télécharger la base de pictogrammes ARASAAC en français dont je vous ai déjà parlé à de nombreuses reprises ici. Cela peut prendre un temps assez important donc soyez patient.

(Au passage je remercie le blog du Réseau des Nouvelles Technologies de l’APF sur lequel j’ai récupéré ces informations concernant l’installation et la mise en place du logiciel).

Générer un texte en pictogrammes

Pour générer un texte en pictogrammes, il vous suffit maintenant  de le taper dans l’interface du logiciel, qui ressemble tout simplement à celle d’un traitement de texte.

Par contre il y a plusieurs astuces à connaître :

  • les verbes doivent être inscrits à l’infinitif (en première intention, vous pourrez changer le texte ensuite)
  • vous devrez parfois jouer sur les synonymes pour trouver l’image recherchée (exemple, je n’ai pas trouvé de t-shirt pour mon histoire, j’ai donc tapé le mot « polo » et j’ai modifié le texte ensuite), idem pour « gentil » pour lequel rien n’est proposé alors que pour « sympathique » si. Ceci est en fait lié à la traduction des pictogrammes ARASAAC qui est faite par un traducteur automatique. Donc mieux vous connaitrez la banque de pictogrammes plus vous serez rapide.

v1

Choisir une autre image que celle proposée

Parfois, la première image proposée n’est pas celle qui convient le mieux à ce que vous voulez dire, il se peut qu’il y ait des synonymes (ou que pour « chaussures » par exemple vous ayez plusieurs propositions). A ce moment là il suffit au choix :

  • de cliquer sur le symbole « image suivante » qui est composé de 3 pommes de différentes couleurs,
  • de cliquer sur le menu « pictogrammes » puis « image suivante »,
  • ou d’utiliser le raccourci clavier F3

menu

Insérer une image provenant d’une autre source

Même si les pictogrammes ARASAAC sont fournis avec le logiciel, il est tout à fait possible d’insérer d’autres images pour pouvoir les utiliser dans Araword.

Dans mon cas, j’avais besoin d’un picto « Tchoupi ». Je l’ai créé dans un logiciel de dessin et suis allée dans « Outils > Gestion des ressources > Ajouter une image ». J’ai alors sélectionné mon image, et cliqué sur le petit +.

insertion nvelle image

Dans la première colonne j’ai effectué un double-clic puis renseigné le mot que je souhaitais associer à cette image. Dans la seconde colonne j’ai choisi la langue (Frances) et dans la 3ème colonne le type de mot (nombreComun)

Désormais si je tape « Tchoupi » dans l’éditeur de texte c’est mon image qui apparait.

Changer le texte associé aux pictogrammes

On l’a vu, la première version du texte ne va pas être exceptionnelle avec les verbes à l’infinitif et éventuellement des mots plus complexes que ceux que vous vouliez employer.

Ceci étant, il est tout à fait possible de changer le texte associé à un pictogramme en :

  • cliquant  sur le symbole « changer nom » qui est composé d’une pomme au dessus d’une étiquette sur laquelle quelqu’un écrit,
  • ou en cliquant sur le menu « pictogrammes » puis « changer nom »,
  • ou en utilisant le raccourci clavier F5

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Imprimer votre production

Il n’est pas possible d’imprimer votre production directement à partir d’Araword. Pour le faire, il faut que vous exportiez votre document (au format .jpg) et que vous imprimiez ensuite l’image à partir du logiciel de votre choix (par exemple l’outil de dessin de LibreOffice). N’oubliez pas de tout de même sauvegarder votre document au format du logiciel pour pouvoir le modifier éventuellement par la suite.

Attention !

J’ai repéré plusieurs bugs dans l’application qui m’ont fait perdre une partie de mon travail, en particulier sur la fonction « annuler », donc pensez à sauvegarder régulièrement.

Pour plus d’efficacité je suggère de rédiger tout votre texte sans effectuer de modifications, et d’appliquer ces dernières à la fin (conjugaison des verbes, choix d’autres images que celles proposées par défaut).

[Edit du 23/07/2016 : Une nouvelle version d’Araword (v2.2.1) est disponible depuis le mois dernier. Vous la trouverez en téléchargement sur le même lien que précédemment : https://sourceforge.net/projects/arasuite/
Le manuel peut quant à lui être trouvé sur le site d’ARASAAC  (seulement en espagnol, portugais et italien pour l’instant malheureusement)]

En conclusion

Voici donc encore un outil génial qui mérite d’être connu !

Si cet article vous a plu n’hésitez pas à le partager avec vos connaissances, soit par mail, soit via les réseaux sociaux. Vous pouvez également vous inscrire à la Newsletter pour recevoir automatiquement les nouveaux billets d’Ortho & Co dans votre boite mail.

Utiliser la dictée vocale pour écrire ses comptes-rendus

Me revoilà après quelques semaines d’absence, mais c’était pour la bonne cause.

Tout d’abord, j’ai fait plusieurs présentations sur l’usage de la tablette en orthophonie d’une manière générale, sur les outils de compensation pour les dys sur tablette et enfin sur les outils de communication alternative et augmentative sur l’iPad. Mine de rien, cela prend du temps à préparer !

Ma deuxième excuse, et non des moindres, c’est qu’à force de jouer de la souris et du clavier j’ai attrapé une belle tendinite au poignet. En fait, ce n’est pas une nouveauté, cette tendinite est apparue pour la première fois il y a environ un an et se manifeste depuis régulièrement.

Mon problème, c’est que je peux difficilement me passer d’ordinateur au quotidien, certes plus facilement qu’un informaticien, mais tout de même… En particulier, j’ai comme tout orthophoniste qui se respecte une belle quantité de comptes-rendus de bilans à rédiger. Comment faire quand taper au clavier devient douloureux ?

Eh bien je dois dire que j’ai trouvé un outil de compensation relativement efficace : la dictée vocale (aussi appelée reconnaissance vocale) !

dictee vocale

Comment ça marche ?

La dictée vocale est un outil qui permet de transformer un texte dicté à l’oral en texte écrit. Pour cela, il vous faut un logiciel de dictée vocale ainsi qu’un bon micro casque. (Il existe aussi des applications sur smartphone ou tablette).

Après installation du logiciel, une première étape un peu longue et pénible vous sera proposée : il s’agit d’adapter le logiciel à votre voix particulière. Cela passe pour vous par la lecture à voix haute d’un texte affiché à l’écran.

Une fois ce travail effectué, le logiciel est capable de reconnaître le texte que vous lui dictez.

Bien entendu, ce n’est pas magique, il y a parfois des erreurs. Cela demande un petit temps d’adaptation de notre part, il faut ôter de notre parole tous les petits mots de remplissage que l’on utilise habituellement à l’oral, sous peine de les voir s’afficher à l’écran. De plus, il faut également penser à dire à haute voix la ponctuation, mais si vous avez l’habitude de nos dictées de bilan, ce ne sera pas trop difficile.

Est-ce que l’on gagne du temps ?

Je dirais que pour vos premiers comptes-rendus dictés, vous ne gagnerez pas beaucoup de temps car il faut s’adapter au fonctionnement du logiciel. Pour l’aider à reconnaître les termes techniques que vous employez, vous pouvez lui demander d’apprendre du vocabulaire à partir de comptes-rendus que vous avez déjà rédigés.

À l’usage, je dirais que je gagne entre 20 et 30 % de temps de rédaction par rapport à une frappe au clavier. Si vous êtes lents pour taper au clavier, vous pouvez gagner encore plus de temps.

Quels sont les inconvénients ?

Le principal inconvénient pour moi, est l’apparition d’erreurs que je n’aurais pas faites et donc la nécessité d’une relecture beaucoup plus attentive du compte rendu ou du document avant diffusion.

Par ailleurs, on reste un peu bête avec son casque à parler à son ordinateur, surtout de manière saccadée avec des morceaux de phrases par-ci par-là.

Enfin en été, je ne peux pas travailler la fenêtre ouverte car le bruit ambiant est trop important et le logiciel ne reconnaît plus bien ce que je dis.

Quels sont les logiciels existants ?

En ce qui me concerne, j’utilise Dragon Naturally Speaking dans sa version 11. La version 12 est sortie depuis environ un an. Si vous investissez dans ce logiciel, sachez que la version de base (Home) est largement suffisante.

Par ailleurs, j’ai suivi il y a quelques semaines une formation avec l’excellent Yvon Blais qui nous a appris qu’il existait une dictée vocale gratuite inclue dans Windows 7 et 8. Pour la trouver, tapez tout simplement « reconnaissance vocale » dans le champ de recherche Windows.

Et pour les patients dyslexiques, ça fonctionne bien ?

Je ne l’ai personnellement pas encore mis en place avec des patients dyslexiques. Cependant, la principale difficulté à laquelle ils vont être confrontés sera la première étape d’adaptation du logiciel avec le texte à lire. Plusieurs éditeurs ont essayé de contourner cette difficulté en proposant des adaptations plus simples comme dans les logiciels SpeakQ et Medialexie.

Dans tous les cas, la dictée vocale n’est pas un outil miracle, la proposer comme outil de compensation à un patient ne s’improvise pas. Il est indispensable que cela fasse parti d’un plan thérapeutique précis, argumenté, et surtout personnalisé pour le patient en question.

Ceci étant, si vous l’avez testé vous-même vous serez plus à même de le conseiller ou de le déconseiller à vos patients.

Et vous ? Avez-vous déjà utilisé un logiciel de dictée vocale ? En êtes-vous satisfait ? Trouvez-vous que vous gagnez du temps dans la rédaction de vos documents ?

Quelques solutions pour afficher l’écran de votre iPad sur votre ordinateur

Il y a quelques mois, Brigitte Korac m’a contactée pour me parler d’un petit logiciel fort sympathique permettant d’afficher sur un écran d’ordinateur le contenu de son iPad (ou de n’importe quel appareil fonctionnant sous iOs).

Pourquoi projeter le contenu de son iPad sur un écran secondaire ?

Mais avant de vous parler de ce logiciel en particulier, je voulais que nous nous posions ensemble la question suivante : à quoi cela sert-il d’afficher le contenu de son iPad sur son écran d’ordinateur ?

Personnellement, je vois deux usages principaux :

  • permettre au patient d’orienter la tablette comme il le souhaite, éventuellement en position inclinée, et me permettre de tout de même garder un œil sur ce qui se passe à l’écran ;
  • me permettre de montrer à une assemblée le contenu ou la manipulation de certaines applications lorsque mon ordinateur est relié à un vidéoprojecteur.

Le logiciel AirServer

Le logiciel dont me parlait Brigitte s’appelle donc AirServer. C’est un petit logiciel qui s’installe sur votre ordinateur (PC ou Mac) et qui permet via le réseau wifi d’afficher à l’écran le contenu de votre iPad. Il utilise pour cela la technologie AirPlay d’Apple.

Le logiciel existe en version d’essai gratuite pour sept jours et ensuite la licence coûte seulement 15 $US pour une installation sur cinq ordinateurs différents.

En ce qui me concerne, je n’ai pas été déçue par ce logiciel. Sur des réseaux wifi de bonne qualité (au cabinet ou à la maison), la recopie d’écran est fluide, le logiciel se lance immédiatement et le signal reste constant. Le seul petit reproche que je pourrais faire concerne la transmission du signal audio qui n’est pas toujours efficace, mais je dois reconnaître que cela m’intéresse moins.

J’ai également testé le fonctionnement sur un réseau ad-hoc, c’est-à-dire un réseau wifi généré par mon ordinateur et ne permettant pas un accès Internet (si je n’ai pas de réseau wifi à disposition). Le logiciel fonctionne également dans cette configuration, même si la manipulation est un peu plus complexe. (Mettez-moi un petit message dans les commentaires si un tutoriel vous intéresse).

Pour pouvoir utiliser ce logiciel, il n’y a rien besoin d’installer sur votre tablette. Une fois le logiciel lancé sur l’ordinateur, prenez votre tablette en main et assurez-vous d’être connecté au même réseau wifi que votre ordinateur. Puis faites un double clic sur le bouton d’accueil, faites glisser le menu qui apparaît vers la gauche, et sélectionnez le bouton AirPlay. Vous n’avez plus qu’à sélectionner l’ordinateur sur lequel vous souhaitez envoyer le signal, et à cliquer sur le bouton de recopie vidéo.

airplay

D’autres solutions

Bien entendu, il existe d’autres solutions permettant d’arriver au même résultat :

  • acheter une Apple TV et la brancher sur l’écran de votre choix (écran d’ordinateur, TV, vidéoprojecteur), ce qui est à mon avis est une meilleure solution pour un usage domestique que pour un usage au cabinet d’orthophonie,
  • utiliser un adaptateur VGA vous permettant de brancher directement votre écran secondaire sur l’iPad par le biais d’un câble VGA,
  • et la solution la moins chère mais également la moins fiable (dans le sens où l’image à l’écran va être très saccadée) : télécharger gratuitement le logiciel iTools et l’installer sur votre PC. Puis connecter votre iPad à votre ordinateur via le câble USB. Dans le logiciel, cliquer sur « Bureau » puis sur l’onglet « Bureau en direct ».

itools

Voilà, j’espère que cette petite revue des solutions disponibles pour faire la recopie vidéo de votre tablette ou smartphone vous sera utile, n’hésitez pas à me donner votre avis dans les commentaires et/ou à partager cet article sur les réseaux sociaux.

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PS : pour celles et ceux qui se posent la question, l’application visible dans les copies d’écran s’appelle Kapu Tickle.

[Edit du 08/04/2014] : Il existe également le logiciel Reflector qui a les mêmes fonctions pour un prix légèrement inférieur (et qui permet d’enregistrer la vidéo de ce qui passe à l’écran, ce que ne permet pas encore AirServer pour PC). Je ne l’ai pas testé mais Vairaunik a l’air d’en être satisfaite.

[Tutoriel] Créer soi-même un jeu de type « Dobble »

La petite histoire

Je ne sais pas si vous connaissez le jeu « Dobble » mais moi il m’a toujours fascinée : comment est-il possible que sur 55 cartes, avec 8 dessins par carte, on ne retrouve toujours qu’un et un seul dessin commun à deux cartes ?

Ma curiosité a été d’autant plus aiguisée que j’ai vu certains collègues partager des jeux de ce type dans lesquels ils avaient remplacé les dessins par des mots ! Mais oui mais c’est bien sûr, voici un outil génial pour la rééducation, et qui change des jeux de familles et autres paires de cartes…

Craquer le code

Je me suis donc penchée sur la question et ai essayé de « craquer le code ». J’ai trouvé sur internet tout un tas de théories mathématiques (un peu trop complexes pour moi) et j’ai tourné les choses dans tous les sens pour finir par trouver une méthode de travail. Finalement j’en suis arrivé au résultat suivant : un beau tableau reprenant pour chaque carte (en colonne) tous les items qu’il faut utiliser.

dobble_1

Pour un jeu contenant 8 éléments par cartes il faut donc 57 éléments en tout, et l’on aura 57 cartes.

Manipuler Inkscape

Il me restait ensuite à trouver avec quel outil j’allais créer mon jeu. Et comme vous commencez à me connaître un peu, vous vous doutez bien que j’ai choisi Inkscape. En réalité je voulais créer plus qu’un simple jeu, je voulais créer une trame permettant de générer facilement et rapidement des jeux… et c’est donc ce que j’ai fait.

En jouant avec les calques et le clonage des éléments j’ai réussi à faire en sorte que l’on n’ait qu’à compléter les 57 mots sur les 8 premières cartes pour que les 49 autres cartes soient automatiquement générées. Ensuite il ne reste plus qu’à faire un peu de mise en page (vérifier que les mots ne se chevauchent pas par exemple) et à imprimer !

dobble_3

Modus Operandi

Pour ceux qui veulent se lancer dans la création d’un jeu de Dobble avec ma trame voici comment procéder :

  1. Créez une liste numérotée avec les 57 mots que vous souhaitez intégrer à votre jeu,
  2. Téléchargez la trame du jeu au format .svg,
  3. Ouvrez la trame avec le logiciel Inkscape (logiciel libre et gratuit que vous pouvez trouver ici),
  4. Sur le calque nommé page 1, modifiez un par un les 57 mots de votre liste. Attention, le mot_1 apparait sur les 8 cartes, vous n’avez à le modifier que sur la première carte. Déplacez éventuellement les mots qui se chevauchent.
  5. A l’aide du menu déroulant de gestion des claques, masquez la page 1 et affichez la page 2. Vérifiez que les mots ne se chevauchent pas. Procéder de même pour les pages 3 à 8.
  6. Exportez en bitmap les pages 1 à 8 en veillant à bien afficher et masquer les différents calques au fur et à mesure.

Et comme il est difficile d’être très précis dans les explications sans mettre d’images je vous ai préparé un petit tutoriel vidéo à voir ici.

Les fichiers à télécharger

Voici le document que vous pouvez télécharger, distribué sous licence Creative Commons (BY-NC-SA) :

Et cadeau bonus, le jeu de 57 cartes que j’ai créé avec des mots contenant le son /j/. Rien à modifier ou bidouiller, vous n’avez qu’à imprimer, plastifier et découper !
(au passage vous noterez que j’ai choisi de créer des cartes rectangulaires, parce que bon, les cartes rondes c’est très beau mais ça prend des heures à découper…)

Voilà j’espère que ce billet vous aura plu et que vous créerez tout un tas de nouveaux jeux à l’aide de cette trame.

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[06/09/2013]

Vous noterez que je ne partage plus les grilles, qui sont soumises à copyright.

Par ailleurs si vous n’avez pas envie ou pas le temps de créer/imprimer/plastifier/découper sachez qu’il existe en réalité des jeux édités par AB ludis : les jeux de Tam Tam. Pas chers (entre 9€ et 12€) ils sont déjà prêts, ont de belles illustrations et font la paire entre images et mots.

[Tuto vidéo] Créer un pavage d’images avec Inkscape

Dans mes rééducations logicomathématiques, j’ai fréquemment besoin de petites images de « cadeaux » à coller derrière les cartes des jeux de classification ou d’inclusion que je fais avec mes patients. Ceci étant, je ne trouve pas très amusant de passer la demi-heure de la séance à dessiner des vélos, des chapeaux ou autres paires de lunettes.

J’ai donc décidé de plutôt créer un « catalogue de cadeaux » dans lequel les patients peuvent piocher. J’imprime des planches d’images toutes identiques, je les mets dans des pochettes, et au moment de la séance il n’y a plus qu’à ouvrir le classeur, choisir le type de cadeau, puis découper et coller les images.

Et comme cela vous intéresse peut-être aussi, je vous ai préparé un petit tutoriel vidéo pour vous montrer comment je procède avec le logiciel Inkscape.

Cadeau bonus pour ceux qui lisent le billet jusqu’au bout, vous trouverez ici en téléchargement un fichier avec une douzaine de pages de cadeaux différents. Ce document est disponible sous licence Creative Commons (BY-NC-SA) et utilise les pictogrammes de la banque de d’images ARASAAC.

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