Animaux en mouvements, un ebook pas comme les autres

Il y a quelques mois, l’association Signes de Sens m’a contactée pour me présenter leur premier livre numérique sur iPad : « Animaux en mouvements « , par les Éditions « Conte sur tes doigts » (gratuit).

Animaux en mouvement - Simon Houriez, Emmanuel Canica, Julie Houriez, Nathanaëlle Leschevin & Marc BourLa mission de cette association est de développer « des outils et des services pour l’accès à la culture et aux savoirs des personnes sourdes ». Animaux en mouvements s’inscrit dans ce cadre puisqu’il s’agit d’un livre numérique qui est enrichi avec des vidéos dans lesquelles on trouve aussi bien de la langue des signes que des mimes.

Voici déjà une petite vidéo pour vous donner un aperçu de l’ebook :

Le livre numérique est tiré d’un DVD déjà disponible depuis quelques temps, et appartient à une collection de plusieurs livres/DVD. Cette collection a même fait l’objet d’une étude publiée en mai 2012, qui montre l’intérêt des enfants ayant des troubles de la communication pour ce type de support.

Comment cela fonctionne ?

Deux vidéos sont proposées pour chaque animal :

  • dans la première, on peut voir le dessin de l’animal, son nom, ainsi que le signe de la LSF lui correspondant,

        

  • dans la seconde, on suit une histoire mimée racontant la vie de l’animal.

        

Les +

  • l’originalité du concept,
  • le mélange des genres entre dessins, animations graphiques et mimes,
  • l’acteur transmet son enthousiasme et donne envie de signer/mimer avec lui,
  • la démarche de validation.

Les –

  • le livre numérique semble posséder moins de contenu que le DVD (basé sur le contenu de l’ebook et la description du DVD que j’ai pu lire)
  • l’étude menée manque un peu de rigueur scientifique (et notamment de facteurs d’appréciation objectifs)

Comment je l’utilise en orthophonie ?

  • Avec des enfants présentant un retard de langage : pour stimuler la prise de parole, de la même manière qu’avec un livre classique. Je rejoints en ce sens les observations des professionnels ayant participé à l’étude : les patients auxquels j’ai présenté ce support semblaient plus intéressés par l’histoire que lorsque l’on regarde un livre « classique », mais ni plus ni moins que lorsque j’enrichis moi-même les histoires avec du français signé.
  • Avec des enfants autistes : je cherche actuellement à faire progresser un petit garçon autiste non verbal dans ses capacités d’imitation. J’utilise donc ce support (parmi d’autres bien entendu) pour attirer son attention sur les gestes, et en particulier sur les signes associés aux animaux. Pour l’instant les histoires mimées sont trop longues pour lui.

Et vous ? Comment utiliseriez-vous ce livre numérique (ou le DVD) ? Je pense que si j’avais des petits patients sourds parmi mes patients ce support serait très apprécié, je suis donc preneuse de vos expériences…

Nota : un exemplaire de ce livre numérique m’a été offert par l’éditeur mais cette critique reflète uniquement mon avis personnel. Je n’ai reçu aucune autre compensation en échange de la rédaction de cet article.

[Tuto vidéo] Créer un exercice avec l’outil de présentation de Libre Office

Dans l’article sur l’usage du clavier, j’avais pour ceux qui s’en souviennent proposé un petit exercice dans lequel il s’agissait de compléter un questionnaire sans se servir de la souris. J’avais profité de l’exercice pour poser la question suivante : « Quel sujet aimeriez-vous que j’aborde sur Ortho & Co ? » et parmi les réponses, quelqu’un avait noté « ppt et openoffice ».

C’est vrai que moi aussi j’ai toujours rêvé de savoir créer des présentations comme celles d’Agnès Desjobert, Christine Bathélémy et tant d’autres que l’on trouve régulièrement en partage sur pontt.

Sauf que je ne savais pas faire…

J’ai donc pris mon courage à deux mains, et j’ai commencé à farfouiller dans les différentes possibilités du logiciel (et tant qu’à commencer de zéro, j’ai choisi la suite Libre Office). Autant vous dire que j’ai eu du mal à trouver certaines options (mais comment faire pour qu’un clic sur le fond de la diapo ne mène pas automatiquement à la diapo suivante ?) et donc pour vous simplifier la vie si jamais vous souhaitez vous aussi créer des présentations, je vous ai préparé un petit tutoriel vidéo.

A priori cela fonctionne presque de la même façon avec le logiciel PowerPoint de Microsoft et avec l’outil de présentation d’Open Office donc vous devriez pouvoir vous y retrouver même si vous n’utilisez pas Libre Office (bien que je vous encourage vivement à le télécharger).

Ah et si vous ne l’avez pas vu, j’ai fait il y a quelques temps un petit article pour Pontt sur le logiciel Kid Key Lock, qui permet de bloquer ponctuellement l’usage de certains boutons de la souris. C’est le parfait complément à toute présentation !

A vous de jouer !

Si vous vous lancez dans la création d’une présentation et que vous êtes bloqué n’hésitez pas à me poser des questions sur l’utilisation du logiciel, je me ferai un plaisir d’y répondre.

Vous pouvez également vous servir des commentaires, de la page Facebook ou même de Twitter pour me faire des propositions d’articles ou de tutoriels.

Français Signé, LSF et vidéo

Bonjour !

L’an dernier je me suis inscrite à une formation de Français Signé, proposée par le syndicat des orthophonistes de l’Isère (SODI). La formation se déroulait sur 4 jours (étalés sur toute l’année) et nous avons à cette occasion appris beaucoup de vocabulaire, en particulier du vocabulaire courant pour les touts-petits.

Cette formation, bien que très riche, a été frustrante pour moi car je me suis retrouvée confrontée à des difficultés de mémorisation. Contrairement aux autres formations, il ne m’était pas possible de prendre de notes écrites. Et du coup j’avais tendance à oublier le vocabulaire d’une fois sur l’autre.
Il existe bien des dictionnaires « papier », et autres albums/répertoires de signes mais j’ai fait l’erreur de ne pas investir au moment de la formation.

Et c’est là que la technologie a volé a mon secours. Lors du « jour 3 » je me suis dit qu’il fallait que je filme la formatrice. J’avais donc apporté mon appareil photo, je lui ai demandé sa permission… et elle a refusé ! Toute dépourvue, je n’ai donc rien filmé, et je suis rentrée fort dépitée.

Lors du « jour 4 » je n’avais pas emporté mon appareil photo (pour quoi faire ?) mais j’ai eu une idée fulgurante une fois installée à ma place : si la formatrice ne voulait pas être filmée, qu’est-ce qui m’empêchait de me filmer moi-même ? Sans appareil photo ou caméscope ? Oui mais avec un ipad 🙂

J’ai donc sorti mon appareil, je l’ai calé face à moi (j’ai une housse qui fait « support ») et je me suis filmée durant toute la journée (heureusement à ce moment là je n’avais pas encore trop d’applications, et disposait donc de beaucoup d’espace mémoire). Maintenant si je veux me remémorer le vocabulaire de tel ou tel livre de Tchoupi (notre support de travail), il ne me reste plus qu’à regarder la vidéo.

Autre avantage de la technologie pour le vocabulaire de la LSF (ou pour le français signé donc) : les sites proposant des lexiques en vidéos.
J’utilise soit le site de l’INJS de Metz, soit sematos.eu que je viens de découvrir et qui me semble plus complet (mais plus « commercial » également) avec notamment la possibilité de rechercher du vocabulaire par thème.
Il existe aussi une application iPhone et Android gratuite mais avec une liste de vocabulaire plus limitée bien qu’en constante évolution : Signes.

Lorsque je prépare des séances avec des tout-petits je peux donc faire une révision express des signes que je vais avoir à utiliser.

Et vous ? Utilisez-vous le français signé ou la LSF en rééducation (avec des patients entendants) ? Connaissez-vous d’autres sites pratiques pour réviser le vocabulaire courant ?

[Tuto vidéo] Ôter le fond d’une image

Lorsque l’on fabrique des emplois du temps pour nos patients autistes, il nous arrive de devoir imprimer des photos de lieux, de personnes ou encore d’objets.

Or il faut que nous soyons certains que le fond de l’image ne soit pas perturbateur, c’est à dire que notre patient ne va pas se focaliser sur un détail du fond de l’image plutôt que sur ce que nous souhaitons lui montrer.

Je vais donc vous présenter aujourd’hui l’une des fonctionnalités du logiciel GIMP qui permet très facilement de détourer une image, c’est à dire d’en ôter le fond pour ne conserver que la partie qui nous intéresse.

Un dernier effet positif de cette action sur vos images est que vous allez économiser de l’encre couleur pour votre imprimante !

Pour commencer, je vous suggère de télécharger le logiciel GIMP et de l’installer sur votre ordinateur. Ce logiciel est un logiciel libre, et gratuit.

Je vous invite ensuite à regarder la vidéo que j’ai préparée pour vous :

(Je tiens à vous présenter mes excuses pour le son qui est de piètre qualité, le ventilateur de mon ordinateur est très bruyant et je n’ai pas (encore) de micro casque.)

Un autre moyen encore plus rapide est de mettre l’objet que vous souhaitez photographier sur un fond de couleur très contrasté (le fameux écran vert que l’on peut voir dans les « making of » de films avec des effets spéciaux). Vous pourrez ainsi utiliser l’outil de sélection « baguette magique ».

J’ai besoin de vos commentaires !

Enregistrer des vidéos me prend énormément de temps, mais je pense que c’est un bon moyen de faire des tutoriels, surtout pour ce qui est de l’utilisation de logiciels un peu complexes.

Qu’en pensez-vous ? Appréciez-vous de trouver des vidéos ici ? Cela vous aide-t’il à prendre en main ces logiciels pour effectuer des manipulations d’images dans votre pratique ?

[Tuto vidéo] Changer la couleur d’un pictogramme

Il y a quelques temps, je vous avais parlé des pictogrammes ARASAAC et du logiciel Picto Selector.

Or il y a 10 jours, lors d’une formation sur la prise en charge orthophonique des enfants autistes, quelqu’un a demandé comment on pouvait faire pour changer facilement la couleur d’un pictogramme. Et bien il se trouve que Picto Selector, surtout depuis sa dernière version, le fait très bien. En effet, plus j’utilise ce logiciel et plus je le trouve indispensable pour manipuler les pictogrammes et créer des fiches d’activités.

Et pour vous montrer comment cela fonctionne, je me suis dit que rien ne valait une petite vidéo :

J’espère que cela vous aura permis d’avoir un aperçu de cette fonction de Picto Selector, à vous de tester maintenant en créant votre propre matériel !

Sachez qu’il est également possible de modifier la couleur de certaines parties des pictogrammes, et pour savoir comment le faire je vous invite à visionner la vidéo réalisée par le développeur du logiciel.

Enfin et juste pour vos beaux yeux vous trouverez ici un « loto » des couleurs que j’ai créé pour travailler sur l’apprentissage des couleurs avec l’une de mes petites patientes.
Pour l’instant elle a une seule planche devant les yeux (par exemple les 8 nounours), je pioche une carte et je lui demande de me désigner le nounours correspondant (ex : le nounours bleu). Si elle me montre le bon nounours je lui donne la carte, sinon je la lui montre tout en la gardant et en pointant la bonne réponse sur sa planche. Je lui en propose une autre et ainsi de suite jusqu’à ce qu’elle ait récupéré les 8 cartes.
On peut également découper toutes les cartes et utiliser les images en mémory.

Et vous ? Auriez-vous d’autres idées d’activités à proposer avec ce matériel ? Avez-vous essayé le logciel Picto Selector ?

 

Qu’est-ce qu’une tablette numérique ?

Depuis l’ouverture de ce blog je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de l’iPad, en particulier en vous présentant certaines applications que j’utilise en rééducation, du mémory aux livres numériques.

Par contre je n’avais pas encore pris le temps de vous présenter les tablettes tactiles d’une manière générale, et c’est donc l’objectif des prochains billets. Nous y aborderons plusieurs points :

Je vais donc commencer aujourd’hui par vous présenter les tablettes tactiles d’une manière générale.

Historique

La première tablette tactile grand public, l’iPad 1, est apparue sur le marché en 2010. Il s’agit donc d’un produit relativement récent. Elle a été créée comme une sorte de clone géant du smartphone vedette d’Apple, l’iPhone.

Depuis, de nombreuses autres tablettes sont apparues sur le marché, et elles se distinguent essentiellement par leur prix, les composants (stockage, processeur, capteur photo, écran tactile), la qualité de leur finition, le système d’exploitation embarqué (c’est l’interface qui sert à faire fonctionner la machine) et donc les applications compatibles.

Design

Si l’on devait décrire les tablettes tactiles ont pourrait dire qu’elles ressemblent à des écrans d’ordinateur très fins, de la taille d’un cahier de brouillon environ. Elles ont assez peu de boutons (accueil, volume et marche/arrêt), et pas de clavier. Pour les commander vous utilisez l’écran tactile, c’est à dire que vous déplacez vos doigts directement sur l’écran. Selon la marque et le modèle de la tablette, cet écran sera plus ou moins précis et réactif.

Fonctionnalités

Lorsque vous achetez une tablette, elle est livrée avec des composants et des applications (ou programmes) de base. La plupart du temps vous aurez donc :

  • un ou plusieurs capteurs numériques permettant de faire des photos et des vidéos, ainsi que l’application qui va avec,
  • un micro, une sortie audio avec des haut-parleurs et une prise casque, ainsi que des applications permettant de lire de la musique et des vidéos,
  • une puce wifi vous permettant de vous connecter à internet sur les réseaux wifi,  et parfois une connectique 3G pour vous connecter aux réseaux 3G moyennant un abonnement chez un opérateur téléphonique, ainsi qu’un navigateur internet,
  • des applications « de base » comme sur les smartphones :  courrier électronique, agenda, contacts, notes,
  • des options de réglage vous permettant de gérer les différentes options de votre appareil,
  • un accès à la boutique d’applications correspondant au système d’exploitation de votre tablette (App Store d’Apple pour iOs, Google Play Store de Google pour Android, App World de BlackBerryMarketplace de Windows) vous permettant d’installer de nouvelles applications directement à partir de la tablette.

Toutes les applications se présentent sur votre écran d’accueil sous forme de petites icônes. Vous avez la possibilité d’organiser ces icônes selon votre envie sur la surface d’affichage et ainsi de personnaliser l’utilisation de votre tablette.

La première tablette sous Android 3.0 par lefigaro

Choisir une tablette

Il existe en ce moment pléthore de tablettes sur le marché mais toutes ne se valent pas. Sachez tout d’abord qu’il vaut mieux éviter d’acheter les tablettes premier prix. En effet elles sont souvent de mauvaise qualité (écran tactile peu réactif, processeur peu puissant, très peu d’applications disponibles, faible autonomie de la batterie…)

Concentrez vous sur des marques que vous connaissez, et que vous savez être de qualité, soit dans le domaine des ordinateurs (par exemple Acer, Apple, Samsung, HP), soit dans le domaine des téléphones portables (comme BlackBerry, Sony, …). Notons que ces constructeurs œuvrent de plus en plus dans les deux domaines, la tablette numérique étant un hybride de ces technologies.

Ensuite si vous souhaitez acquérir une tablette je pense que votre choix doit être guidé par vos objectifs et par les applications qui vous intéressent. Si par exemple vous souhaitez utiliser un système ouvert choisissez une tablette avec le système d’exploitation Android, si par contre vous avez un iPhone et que vous avez déjà des applications qui vous plaisent, prenez un iPad, cela vous permettra de les utiliser sur un écran plus grand en rééducation.
Dans tous les cas n’achetez pas sur catalogue et prenez le temps d’aller manipuler l’objet de votre désir en boutique (sans trop vous laisser influencer par des vendeurs pas toujours bienveillants).

Photo : http://www.reviewer.fr/