Formations 2015

Bonjour à tous, je vous présente mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année qui commence, que vous puissiez poursuivre vos rêves et apprendre toujours plus !

En ce qui me concerne je continue à apprendre (via mon master), mais aussi à transmettre mes connaissances au travers de formations et de présentations.

baniere_OC_rosePour 2015 voici ce qui est déjà prévu :

Colloque/Journée d’études

Le 6 février 2015 à Villeurbanne, Handica Réussir organise une journée d’étude intitulée « Communiquer autrement : accompagner les personnes avec trouble de la parole ou du langage ».
L’intervenante principale sera Elisabeth Cataix-Nègre. Quant à moi j’interviendrai avec Coralie Sallé sur l’utilisation de la tablette tactile dans la CAA.
Programme et inscription  sur le site d’Handica Réussir.

Formations

  • Villeurbanne, 17 janvier 2015 : [Handica Réussir et AEOL] Tablette tactile et rééducation orthophonique (une journée de formation à destination des étudiants en orthophonie).
  • Epinal, 30 et 31 janvier 2015 : [SOLFormation] Tablettes et intervention orthophonique (deux journées complètes de formation). Voir sur le site du SOLFormation pour le programme et les modalités d’inscription.
  • Saint-Etienne, 27 et 28 février 2015 : [SDOFOLI] Intégration de l’outil numérique en
    rééducation orthophonique (2 jours de formation). Voir ici pour le programme et les modalités d’inscription.
  • Melun, 20 et 21 mars 2015 : [Association des Orthophonistes de Seine et Marne] Nouveaux outils de prise en charge orthophonique pour les enfants porteurs d’un fort handicap langagier (2 jours de formation). Voir ici pour le programme et modalités d’inscription.
  • Villeurbanne, 10 et 11 avril 2015 : [Handica Réussir] Tablette tactile : des ressources pour l’orthophonie (2 jours de formation). Voir sur le site d’Handica Réussir pour le programme de la journée et les modalités d’inscription.
  • Chambéry, 29 et 30 mai 2015 : [Form’Ortho 73] Orthophonie et tablettes tactiles (deux journées complètes de formation). Voir ici pour le programme et les modalités d’inscription.
  • Villeurbanne, 13 juin 2015 : [Handica Réussir et AEOL] Tablette tactile et rééducation orthophonique (une journée de formation à destination des étudiants en orthophonie).
  • Metz, 26 et 27 juin 2015 : [SOLFormation] Tablettes et intervention orthophonique (deux journées complètes de formation). Voir sur le site du SOLFormation pour le programme et les modalités d’inscription.
  • Villeurbanne, 10 et 11 juillet 2015 : [Handica Réussir] Formation pour les ergothérapeutes (deux journées complètes de formation). Programme et modalités d’inscription à venir.
  • Saône et Loire, 4 et 5 septembre 2015 : [Form’Ortho Bourgogne] Orthophonie et tablette tactile (2 jours de formation). Voir ici pour le programme et les modalités d’inscription.
  • Guadeloupe, 30 et 31 octobre 2015 : [SDOG] Orthophonie et tablette tactile (2 jours de formation). Programme et modalités d’inscription à venir.
  • Bruxelles, 28 novembre 2015 : [Innova Square] La tablette en thérapie logopédique (une journée complète de formation). Programme et modalités d’inscription sur le site d’Innova Square.

La page de ce site consacrée à mes formations reste de toute façon disponible. Je la mets à jour régulièrement et vous pourrez également y trouver les liens vers mes présentations aux différents colloques, et les liens d’accès aux espaces réservés pour ceux qui ont déjà assisté à une formation.

N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez me faire intervenir pour un colloque ou une formation (pour 2016 les formations) ou si vous avez des questions à ce sujet.

Journée d’étude : Apprentissage et numérique

Il y a dix jours, j’ai été conviée par l’association Prado Rhône-Alpes pour participer à leur journée d’étude intitulée « Apprentissages et numérique. Retour d’expériences & regards croisés ».

Cette journée était l’occasion de croiser les expériences de certains des professionnels travaillant pour l’association au sein de l’ITEP ou du SESSAD Elise Rivet, avec les regards de personnes extérieures à l’association.

itep1Voici le programme que nous avons suivi lors de cette belle journée :

  • Introduction de la journée par Karine BAES, Directrice de l’ITEP Elise-Rivet ; Jean-Pierre BEAUCHET, psychiatre ; et Agnès WITKO, Maître de Conférence UCBLyon1, orthophoniste
  • Mieux situer les enjeux du numérique
    Robert FOREST, directeur Handica Réussir Formations, doctorant en Sciences de l’Education
  • Tablette tactile : un outil pour les apprentissages
    Lydie BATILLY, orthophoniste
  • La tablette, un outil au service des élèves à besoins particuliers
    Christelle CHERBLANC, enseignante spécialisée
  • Adolescence et numérique : en transition entre héritage et nouveauté
    Guillaume GILLET, psychologue clinicien
  • La manipulation du jeu en ITEP
    Davina NADAUD, enseignante
  • Si on bloguait…
    Véronique VIRCONDELET, enseignante spécialisée
  • Vidéo et numérique : quelle frontière entre réel et irréel ?
    Mickaël TREFCON, animateur socio-culturel
  • Vidéo, terre, modelage et mosaïques
    Claire MERENCIANO, éducatrice technique spécialisée

Plusieurs tables rondes ont également été organisées, durant lesquelles les personnes assistant au colloque ont pu poser leurs questions et échanger avec les intervenants. Finalement, et bien que les interventions aient été très riches, ce sont les moments que j’ai préférés.

Ce qui est drôle c’est que pour la première fois mon intervention était certes un retour d’expérience clinique, mais comportait aussi pas mal de théorie. Il faut dire qu’au fur et à mesure de mes lectures sur le sujet (et grâce à ce que j’apprends en cours également), je suis bien plus assurée sur le plan théorique également, et ça ça me fait plaisir.

Si certains veulent voir ma présentation, vous pourrez la regarder en suivant ce lien.

itep2Attention, le format est un peu particulier car j’ai profité d’un exercice technique du master pour faire d’une pierre deux coups. Pour une visibilité optimum, utilisez plutôt le navigateur Chrome, et pour passer à la diapo suivante il suffit d’utiliser la flèche de droite de votre clavier.

Nos interventions durant cette journée ont été filmées mais je ne sais pas si les vidéos seront publiques ou réservées aux participants à la journée. Dans le cas où elles seraient publiques je reviendrai mettre le lien ici dès que je l’aurais.

[Formation] Tablettes tactiles : des ressources pour l’orthophonie à Villeurbanne le 13 juin

baniere_OC_roseBonjour à tous, me revoilà pour une nouvelle formation le 13 juin 2014 !

(Attention il s’agit d’une nouvelle date, la formation ayant initialement été programmée pour le 6 juin 2014)

Cette formation est organisée par Handica Réussir et s’intitule  « Tablettes tactiles : des ressources pour l’orthophonie ».

Elle se déroulera dans les locaux d’Handica Réussir, à Villeurbanne (69). Elle est ouverte aux orthophonistes et aux étudiants en orthophonie.
Le tarif est de 100€ (possibilité de prise en charge UNIFAF).

Le programme détaillé et le formulaire d’inscription sont à télécharger ici. [Edit du 26 mai 2014 : la formation est désormais complète, le lien vers le formulaire d’inscription est donc inactif]

[Note pour les étudiants de l’école d’orthophonie de Lyon]
Une journée va certainement être organisée par l’AEOL à la rentrée. Elle sera réservée aux étudiants et sera sûrement moins coûteuse pour vous…

[Note pour les orthophonistes Rhône-Alpins]
Il est prévu que cette même journée soit programmée à Saint-Etienne d’ici la fin de l’année 2014, ou au tout début de 2015.
Une formation tablettes de deux jours est également en cours de programmation sur Chambéry pour 2015.

Au plaisir de vous rencontrer les uns et les autres lors de ces journées de formation !

Groupe de travail Tablettes Apple et Android à Rouen le 14 février

Comme je le signalais il y a quelques semaines, je commence à donner des formations autour des tablettes tactiles et de leur utilisation en orthophonie.

La prochaine aura lieu à Mont Saint-Aignan (à côté de Rouen) le vendredi 14 février prochain, dans les locaux de la société Motus.

Il reste encore quelques places donc n’hésitez pas à vous inscrire ou à faire circuler l’information !

Le programme

Présentation des tablettes

  • avantages et inconvénients par rapport à un ordinateur,
  • les différents types de tablettes,
  • comment choisir sa tablette pour un usage en orthophonie,
  • les accessoires…

Tablettes et rééducation

Des applications diverses pour une utilisation avec des patients de tous les âges et pour toutes les pathologies (applications Android et iPad) :

  • renforçateurs pour les patients autistes,
  • support langagier dans le cadre des retards de langage,
  • stimulation cognitive dans les maladies dégénératives,
  • livres numériques pour les rééducations du langage écrit…

Tablettes et dys

Les applications existantes comme outils de compensation pour les dys (dictée vocale, synthèse vocale, prédiction orthographique, prise de note, dictionnaires…)

Tablettes et CAA

  • applications disponibles actuellement (synthèse vocale, pictogrammes, agenda visuel, cahier de communication, création de scénarios imagés…)
  • avantages et inconvénients par rapport aux solutions déjà existantes…

Modalités pratiques

Participation aux frais : 100€

Le groupe de travail est accessible à tous, que vous ayez une tablette ou non, que ce soit un iPad ou une tablette Android. Vous pouvez venir avec votre tablette le jour de la formation mais ce n’est pas indispensable.

Merci d’envoyer votre demande d’inscription par mail à l’adresse suivante : contact@orthomotus.com

Vous pouvez également vous rendre sur la page consacrée à la formation sur le site Orthomotus.

Mémoires d’orthophonie

Comme je le disais dans ma synthèse du colloque « Enfants Mut@nts », nous manquons actuellement d’évaluations scientifiques autour des écrans et du numérique, en particulier dans l’enseignement et dans la santé.

En orthophonie cependant, les étudiants doivent obligatoirement présenter un travail de recherche pour obtenir leur diplôme. Ces mémoires d’orthophonie sont la plupart du temps des travaux de qualité et méritent qu’on leur donne plus de visibilité.

En France, vous pourrez consulter ceux qui ont été validés à la BU de Santé de Nancy. Ceux présentés à Lyon sont aussi disponibles en ligne sur le site de la BU de Lyon.

En tant que professionnels nous pouvons aussi avoir aussi un rôle à jouer en :

  • Proposant des sujets,
  • Encadrant des mémoires,
  • Faisant le lien entre les étudiants et ceux de nos patients qui peuvent être intégrés dans la population de leurs études,
  • Participant nous-même aux études…

Concernant cette dernière possibilité d’intervention je voulais vous présenter deux recherches en cours, et donc deux questionnaires que vous pouvez compléter tout simplement en ligne :

Sandra Laroche, étudiante à la maîtrise d’orthophonie au Québec propose un questionnaire pour les orthophonistes travaillant auprès de la clientèle cérébrolésée, à compléter ici : http://www.uqtr.ca/taborthocereb

Marie Bunel et Maxime Bizot, étudiant en orthophonie à Nantes, proposent un sondage relatif à l’intérêt des orthophonistes pour les technologies numériques (ordinateurs, tablettes tactiles et téléphones intelligents) :
https://docs.google.com/forms/d/17g0ZxI8RlCbDPb_OZHy-OaYUz2HGoGoK9fjnz4_GDU0/viewform

Un grand merci à celles et ceux qui prendront un peu de leur temps pour faire avancer la recherche !

Par ailleurs, une étudiante en 3e année à l’école d’orthophonie de Strasbourg est particulièrement intéressée par les possibilités qu’offrent les tablettes tactiles dans la rééducation orthophonique et recherche un maitre de mémoire.
En ce qui me concerne j’encadre déjà 2 binômes cette année mais si certains veulent se lancer envoyez-moi un petit mail (lydie (at) ortho-n-co.fr) et je transmettrai !

Synthèse du colloque « Enfants Mut@ants »

Le colloque « Enfants Mut@nts, révolution numérique et variations de l’enfance » s’est déroulé à Paris du 17 au 19 octobre 2013.

J’avais très hâte d’assister à ces journées de conférences organisées par l’APPEA (Association francophone de Psychologie et Psychopathologie de l’Enfant et l’Adolescent) car le thème me semblait vraiment porteur.

Les 3 jours ont en effet été très riches et je vais tenter de vous en proposer une synthèse ici, vue au travers de mon prisme d’orthophoniste trentenaire.

Génération X, Y et Z

Commençons donc si vous le voulez bien par évoquer les différentes générations : générations X, génération Y, génération Z, digital natives… Ces termes ont été évoqués à plusieurs reprises durant le colloque, et font plutôt débat.

On aurait ainsi tendance à donner des définitions associées à des classes d’âge, en situant par exemple la génération X au-dessus de 30 ans et la génération Y juste en dessous mais en réalité tout le monde s’accorde à dire qu’il y a de grandes disparités entre les individus, y compris au sein d’une même classe d’âge.

Pour ce qui est de la génération Z, ou « digital native » plusieurs intervenants nous ont alertés sur les dangers inhérents à ce terme. Gare au « syndrome d’Obélix » nous dit Pascal Plantard : ce n’est pas parce qu’ils ont été plongés dedans dès leur plus jeune enfance que l’on n’a rien besoin de leur enseigner.

Benoit Thieulin a aussi rappelé que l’on utilise encore parfois l’expression « fracture numérique », or ce terme qui a plus d’une dizaine d’années fait surtout référence à des différences en terme d’équipement informatique, alors que le principal schisme aujourd’hui concerne l’appropriation des techniques.

Le développement du cerveau

Des études contradictoires nous ont aussi été présentées en ce qui concerne les effets des écrans sur le développement du cerveau. On peut constater que ces éventuels « mutations » sont très controversées parmi les chercheurs présents, avec les radicaux anti-écran d’un côté, les plus positifs voyant les écrans comme un nouvel outil de communication, prolongement de la pensée humaine ; en passant par les modérés (comme Serge Tisseron), partisans d’une utilisation contrôlée et parcimonieuse des écrans au long du développement.

Ce que j’en ai retenu c’est que le cerveau des jeunes enfants commence par se développer en lien avec tout ce qui est de l’ordre du tactile. Pas de quoi s’extasier devant un bébé qui maitrise rapidement l’utilisation d’une télécommande ou d’une tablette nous dit Sophie Jehel, c’est le point fort de son cerveau.

Nous avons aussi beaucoup parlé des différentes formes d’intelligences. Ont principalement été opposées les notions d’intelligence cristallisée (littéraire, séquentielle, lente et profonde) et d’intelligence fluide (numérique, simultanée, rapide et multitâche). Cela correspond à des styles cognitifs différents. On ne fonctionne pas en stades de développement mais on opère des choix stratégiques différents selon les moments. D’ailleurs selon Olivier Houdé si les jeunes arrivent à jongler entre ces deux formes d’intelligence ils feront des merveilles.

Des usages particuliers différents

Les usages numériques des adolescents sont parfois différents des nôtres mais ils sont en phase à la fois avec la structure commerciale du web et avec l’évolution sociétale (Sophie Jehel). C’est à dire qu’ils sont justement sensibles par nature à ce qui fait l’essence même du web : prégnance des images sur l’écrit, simplicité d’utilisation, affectivité et personnalisation…

Par contre ils ne savent pas forcément se servir des différents outils disponibles sur le web, « ils utilisent Facebook pour tout ».

Pascal Plantard nous a également décrit trois notions importantes au niveau des usages numériques d’une manière générale : le braconnage, le bricolage et le butinage.

On a besoin d’évaluations scientifiques

Actuellement les débats sur le numérique sont plus idéologiques que scientifiques, comme le rappelait Elena Pasquinelli lors de sa présentation (et d’ailleurs cela s’est globalement ressenti tout au long du colloque). Or nous avons besoin d’évaluations pour avancer.
Philippe Breton nous a exposé 3 raisons pour lesquelles nous n’arrivons pas à nous lancer dans l’évaluation actuellement : le présentisme, le déterminisme technique et l’approche utopique de la communication.

Benoit Thieulin, le président du Conseil National du Numérique, insistait aussi sur le fait que les deux domaines les plus en retard sur la question du numérique sont la santé et l’éducation, alors que selon lui ce sont des domaines dans lesquels le numérique a de l’avenir.

Alors quelles conséquences pour l’éducation ?

Le monde numérique dans lequel nous vivons génère des changements majeurs dans la manière dont les jeunes appréhendent les apprentissages. La connaissance est maintenant externalisée, toutes les informations peuvent se trouver sur internet. Il n’est d’ailleurs plus temps de se demander si cette évolution va avoir lieu ni comment elle aura lieu. Maintenant il faut que les enseignants s’adaptent à ce nouveau mode de pensée.

Ceci passe par des changements dans les manières d’enseigner. Il n’est plus possible de se présenter comme des détenteurs d’un savoir dans une relation verticale. Désormais il faut plutôt accompagner les jeunes dans leurs apprentissages. Le terme de compagnonnage a même été évoqué durant le colloque. Il s’agit d’apprendre aux jeunes à s’adapter à l’incertitude du monde plutôt que de leur faire engranger de nouvelles connaissances.

On entend parfois des enseignants se plaindre de leurs étudiants/élèves qui rendent des devoirs tous identiques copiés-collés de Wikipédia. Quelle solution alors ? Changer de modèle d’enseignement et d’évaluation des connaissances, par exemple en pratiquant la classe inversée.

Selon Benoît Virole apprendre comment on se sert des accès à la connaissance sur le web devrait être la visée de l’école.

Et quelles conséquences pour le soin ?

Selon Patrice Huerre il est important pour les thérapeutes de prendre en compte  la relation du patient aux outils numériques dans l’analyse clinique.

Il est d’ailleurs aussi inquiétant d’entendre un ado affirmer être « anti-numérique » que de se rendre compte qu’il a une addiction aux jeux vidéos.

En tant que soignants nous ne pouvons plus non plus nous comporter comme seuls détenteurs du savoir.

Certains patients vont arriver avec une idée de diagnostic parce qu’ils se seront renseignés sur internet avant de venir. Il est important d’accueillir cela et de ne pas nous sentir agressé en tant que soignant par cette attitude. Au contraire, il nous faut rebondir sur cette occasion, et demander par exemple plutôt au patient/parent quelle a été sa démarche de recherche (mots-clés ou phrase tapée dans le moteur de recherche), sur quel site il a trouvé les informations, pourquoi il s’est informé dans ce sens, etc… Déjà cela peut être intéressant pour nous (enrichissement de nos propres connaissances sur le sujet) mais cela nous renseigne également énormément sur le mode de fonctionnement du patient/parent.

Quel type d’écran et à quel âge ?

Lors de ce colloque un point qui est revenu régulièrement est la nécessité d’aider les enfants à s’autoréguler face aux écrans.

Pour aider les parents et les éducateurs dans cet accompagnement la règle du 3-6-9-12 est proposée par certains professionnels dont Serge Tisseron :

  • pas de télé avant 3 ans,
  • pas de console de jeu individuelle avant 6 ans
  • pas d’Internet seul avant 9 ans
  • pas de réseaux sociaux avant 12 ans.

Ma veille sur le sujet m’avait bien entendu amenée à entendre parler de ces règles il y a déjà plusieurs mois mais je n’étais pas allée lire en détails l’argumentation de Serge Tisseron. Cette fois-ci je l’ai écouté attentivement et il m’a convaincue ! Le cadre qu’il propose n’est pas figé contrairement à ce que je croyais et surtout il permet d’avoir des repères. L’intérêt de ce programme, c’est la préservation de la notion de « temporalité », facilement absente avec les écrans, qui est suivie et préservée.

Elena Pasquinelli disait par ailleurs qu’il est normal que les enfants soient attirés par les écrans : c’est comme du sucre pour le cerveau ! De la même manière que nous restreignons leur consommation de bonbons et gâteaux pour leur santé il faut en faire de même pour leur consommation d’écrans.

Enfin cette dernière nous a présenté un projet pédagogique de « La Main à la Pâte » sur les écrans, le cerveau et l’enfant. Nathalie de DeclicKids en avait fait un article très intéressant sur son site il y a déjà quelques mois que je vous encourage à lire si vous êtes enseignant du primaire.

Conclusions pour ma pratique orthophonique

Voici en vrac quelques conclusions pour ma pratique quotidienne de l’orthophonie et pour mon implication personnelle dans le développement du numérique :

  1. Il est vraiment important que je prenne le temps d’afficher dans ma salle d’attente le poster 3-6-9-12. Cela permettra d’entamer le débat sur les écrans avec certains parents.
  2. Je vais systématiquement poser la question du rapport aux écrans lors de mes bilans initiaux.
  3. Même si je propose déjà du travail sur écrans (tablette et/ou ordinateur) à quasiment tous mes patients quel que soit leur âge, je suis plus armée maintenant pour justifier mes choix auprès des parents ou collègues réfractaires. Je sais aussi que j’allais dans la bonne direction dans le sens où ce n’est absolument pas un outil exclusif dans ma pratique, que c’est toujours un usage accompagné, et que mes patients manipulent beaucoup « en vrai » à côté de ce qu’ils font sur la tablette.
  4. Il me semble évident qu’en tant que thérapeutes de la communication nous avons un rôle à jouer pour accompagner certains patients ados dans la gestion de leur identité numérique, et de leur comportement sur internet d’une manière générale. Pour moi cela concerne au moins tous les patients souffrant de troubles de la pragmatique et de troubles envahissants du développement.
  5. Finalement nous modélisons pour les parents des temps de lecture avec leur enfant, des temps de jeu partagé (lotos, memorys, jeux de l’oie), pourquoi ne modéliserions-nous pas également des temps de jeu partagé sur la tablette ou l’ordinateur ? Après tout cela fait partie de leur quotidien, et après les fêtes de fin d’année le nombre de foyers équipés en tablette devrait encore augmenter. Certains parents ont besoin d’aide pour accompagner leur enfant, pour apprendre à jouer avec eux, et si cela passe par le biais d’une tablette pourquoi pas ? Pour les enfants la tablette est surtout intéressante dans le cadre d’un usage partagé avec le parent, et pas dans le « travail individuel ». Il ne faut pas que chacun oublie son rôle, le numérique ne fera pas tout.
  6. Grâce à ce colloque je reste convaincue que mon envie/ma place dans le monde de l’orthophonie tourne autour de la question du numérique. Que ce soit dans l’accompagnement de mes collègues à l’appropriation de ces outils (dédiabolisation, démystification, aide technique…) ou dans leur introduction auprès de notre patientèle. Je suis très contente également de m’être lancée dans l’encadrement d’un mémoire d’orthophonie portant sur le numérique car je suis parfaitement d’accord avec Philippe Breton: nous manquons toujours de données et d’évaluations dans le domaine et il est grand temps de se bouger pour que cela change !

Pour aller plus loin

Voilà il y aurait encore de nombreuses choses à dire sur ce colloque mais je pense que je vais m’en tenir là.

Et vous ? Vous étiez au colloque et vous aviez noté d’autres choses importantes ? Vous avez des choses à rajouter ? Un avis sur la question ?

Vous n’y étiez pas et il y a des points que vous voulez que je développe ? N’hésitez pas à vous emparer des commentaires sur ce blog qui se veut aussi un espace de dialogue !

Par ailleurs pour ceux qui veulent (re)lire les tweets publiés lors du colloque vous trouverez le storify (c’est à dire la liste) ici : sfy.co/rGOs . Le mot-clé qui avait été choisi était #emutants .

Vous pouvez également (re)voir les conférences de Serge Tisseron et Serge Soudouplatoff sur internet grâce à la Maif qui était partenaire de l’événement.

Enfin un grand merci à Emilie Lacroix, neuropsychologue belge et coordinatrice du centre thérapeutique Innova Square qui était également présente au colloque et qui a accepté de relire cette synthèse avant publication !