Swipe Vidéos

SwipeVideos

Le mois dernier, lors d’une formation donnée en Saône et Loire, l’une des stagiaires m’a demandé si je connaissais une application permettant de naviguer d’une vidéo à une autre via un geste de « swipe » (ou balayage). En effet, l’un de ses patients, qui a de gros troubles moteurs, aime beaucoup regarder des vidéos mais n’est pas autonome dans la tâche car il ne peut pas naviguer d’une vidéo à une autre, ni cliquer sur le bouton « play » qui est souvent trop petit. Ce patient a une motricité fine très limitée et peut uniquement effectuer un geste de balayage de droite à gauche.

Malheureusement, je ne connaissais pas d’application permettant d’effectuer ce type de mouvement. J’ai exploré l’AppStore en long, en large et en travers, testé une dizaine d’applications de lecture de vidéo, mais rien ne semblait convenir.

J’ai alors demandé à la volée sur Twitter si certains connaissaient une telle application. Pas de réponse positive mais @nicoguitare (prof d’éducation musicale passionné et passionnant) m’a conseillé de contacter Emmanuel Crombez, qui créé de nombreuses applications (dont plusieurs sont à destination des orthophonistes, comme Attention A, ou encore Range-Mots dont j’ai déjà parlé ici).

Bref, j’ai donc contacté Emmanuel, qui a créé une première version de l’application dans la nuit !! Avec la collègue concernée, nous avons ensuite effectué plusieurs sessions de test de l’application afin de vérifier si elle correspondait bien aux besoins et si elle n’avait pas de bug, et l’application est sortie sur l’app store il y a quelques jours, elle s’appelle donc SwipeVideos.

Vous trouverez ma critique de cette application sur WikiAppli, et voici le lien pour la télécharger sur l’AppStore.

Un grand merci à Emmanuel pour sa disponibilité, et j’espère que ma collègue et surtout son jeune patient seront satisfaits de cette création !

Médias généralistes et applications utilisables en orthophonie

Aujourd’hui je vous propose un petit billet d’humeur en réaction à une chronique qui a été proposée dans l’émission « Le Magazine de la Santé » du 7 septembre 2015.

Malheureusement l’émission n’est plus disponible en replay mais pour ceux qui l’auraient manquée, voici en substance ce qui y a été présenté : la chroniqueuse, Emma Strack, a sélectionné 3 applications en lien avec l’orthophonie, et a consulté la FNO pour obtenir leur avis sur l’intérêt de ces applications en rééducation. Là-dessus, nous avons bien entendu reçu un communiqué de presse du syndicat qui nous dit :

« Cette consultation de La FNO pour avis, a permis de repréciser l’importance de la démarche de bilan orthophonique et dans quel contexte ces applications peuvent intervenir.
Elle a aussi été l’occasion de rappeler la différence entre démarche de soins et choix des outils. »

Moi, sur le principe, je trouve cela très bien. Les patients découvrent effectivement des applications sur les stores (Play Store ou AppStore) et il est judicieux que des médias généralistes et à grande audience démystifient un peu tout cela.

Le message qu’a souhaité passer la FNO a bien été retransmis par la journaliste, qui avait en effet sélectionné en première intention une application anglophone ressemblant à un quizz pour s’auto-diagnostiquer dyslexique. Elle a donc rappelé qu’il n’était pas possible de diagnostiquer la dyslexie avec de tels outils et que seul un bilan effectué par un orthophoniste pouvait être pertinent. Ceci étant je n’ai pas gardé la référence de l’application, mais je doute que les patients francophones tombent réellement sur cette appli et soient motivés pour compléter un quizz en anglais (surtout s’ils sont dyslexiques).

Bref. Deuxième application sélectionnée : l’une de celles proposées par Guillaume Lefebvre (pardon Guillaume, j’ai oublié laquelle précisément) qui obtient un beau 14/20, et un commentaire que je trouve assez pertinent sur l’intérêt majoritaire pour une utilisation « entre les séances » (et donc en complément d’une rééducation pour les patients).

Dernière application sélectionnée : LetMeTalk, une application de CAA gratuite, disponible à la fois pour iOs et pour Android. Et c’est là que le bât blesse selon moi. Cette application, je la présente aussi lors de mes formations et je trouve qu’elle est plutôt correcte pour une application gratuite. Ici elle a obtenu un score de 18/20 et un commentaire comme « il est indéniable que de telles applications sont le futur pour les patients qui souffrent de troubles de la communication » (je ne me souviens plus exactement, j’ai vu le reportage il y a quelques jours).

Par contre, aucune mention :

  1. du fait que si celle-ci est gratuite elle est loin d’être parfaite,
  2. du fait que certes les applications « chères » se trouvent dans ce domaine particulier mais qu’elles sont toujours (bien) meilleur marché que les solutions qui existaient auparavant,
  3. et surtout que la mise en place d’un moyen de communication alternatif et augmenté ne s’improvise pas et nécessite un accompagnement par des professionnels formés, ergothérapeutes et orthophonistes en collaboration avec le patient, sa famille et les autres soignants de son entourage.

Bref, on fait l’apologie d’une solution de CAA gratuite en lui accordant un 18/20 et en laissant croire que le futur de l’orthophonie passe par là… il y a encore du boulot !!

Ludovia #12

A la fin du mois d’août, j’ai eu la chance de participer à Ludovia #12, l’Université d’été du numérique éducatif. La thématique cette année était la suivante : « Numérique et éducation, entre appropriations et détournements ».

Je vous propose dans ces lignes une synthèse un peu en vrac des principales idées que j’ai retenues, de mon point de vue un peu particulier d’orthophoniste/étudiante en science de l’éducation.

La partie scientifique

Des détournements, vraiment ?

Tout d’abord pour ce qui est de la thématique de l’année, j’ai été marquée par l’interprétation de l’un des intervenants (mais je ne me souviens plus lequel), qui a dit que finalement il n’y avait que très peu de détournements, car à la base les solutions étaient assez ouvertes pour que l’on puisse inventer les usages que l’on souhaite. Si je me souviens bien il parlait à ce moment là de l’utilisation de Twitter en classe, et affirmait que même si à la base les concepteurs de Twitter n’avaient pas « prévu » un usage éducatif, ils ne l’avaient pas exclu non plus, dans le sens où ils ont proposé une plateforme à destination d’usagers qui étaient libres de se l’approprier comme ils le souhaitaient.

Cette manière de voir les choses m’a questionnée car j’ai souvent l’impression en orthophonie de faire du détournement d’outils numériques. Mais si on adopte ce point de vue alors effectivement certaines fois il s’agit tout simplement d’un « nouvel usage » non prévu par le créateur de l’outil.

Prendre le temps de s’approprier l’outil

Autre temps fort, pour moi, la présentation du robot Thymio II et en particulier des résultats d’une étude montrant que, chez des enfants, la séquence d’apprentissage la plus efficiente quand à l’utilisation du robot était celle-ci :
1. les enfants essaient de découvrir seuls comment allumer le robot et lui faire faire des actions,
2. l’enseignant explique comment fonctionne le robot,
3. les élèves testent à nouveau avec le robot entre les mains.

J’ai trouvé ces résultats intéressants car cela m’a donné des pistes pour mes formations : peut-être faudrait-il que je laisse les stagiaires manipuler seuls un petit temps avant d’expliquer comment fonctionnent certaines applications.
Et quand on y réfléchit un peu plus cela se tient car ainsi ils se trouveraient face à des « conflits » qui correspondent à des choses qu’ils n’auraient pas réussi à faire et seraient donc plus attentifs au moment de l’explication.
De même, cela leur aurait laissé le temps de s’approprier les différents éléments de l’interface, qui par la suite seraient plus facilement associés à leurs fonctionnalités.
Enfin on peut penser que cette manière de faire les encourageraient à tâtonner un peu, dans une « zone de confiance » qui est celle de l’application, ce qu’une bonne partie de mes stagiaires n’osent pas vraiment faire avec le numérique.

Cohérence objectifs, progression et support

Pendant le débat de la première soirée, les intervenants ont insisté sur la cohérence nécessaire entre objectifs pédagogiques, progression pédagogique et support (numérique) utilisé.

Cela rejoint ce que j’ai vu cette année dans mon cours de Jeux Vidéos Pédagogiques sur l’importance de l’intégration des objectifs pédagogiques dans la mécanique de jeu, et la nécessité de bien construire sa progression et les aides disponibles dans le jeu. Au final cela permet que celui-ci soit vraiment un jeu pédagogique et non pas un « quizz déguisé ».

La partie « retour d’expériences »

La Twictée

La Twictée est un « dispositif collaboratif d’enseignement et d’apprentissage de l’orthographe ». Cela faisait déjà plusieurs mois que j’en avais entendu parler par bribes, sans vraiment me pencher plus en détails sur la question.

Et puis Ludovia est arrivé, et j’ai pu assister à 2 ateliers autour de ce dispositif qui m’a vraiment intéressée. J’ai particulièrement apprécié la phase de correction d’erreur en 140 caractères, appelée création d’un #twoutil. Je me suis d’ailleurs jetée à l’eau lors du second atelier et voici donc mon premier #twoutil dont je ne suis pas peu fière :

Sauf que dans mon cabinet d’orthophonie je n’ai pas de classe d’élèves pour pouvoir participer au dispositif… Qu’à cela ne tienne, j’ai décidé qu’avec certains de mes patients cette année nous irions voir du côté de la #twictée2rue, à suivre donc…

L’importance de la communauté

Ludovia, c’était aussi l’occasion pour moi de rencontrer du monde, et en particulier de mettre un visage sur un tas de voix et/ou de pseudos Twitter. J’ai passé 3 jours avec des personnes que je n’avais jamais rencontrées « en vrai » mais avec lesquelles j’avais déjà échangé en partie sur Twitter et les choses se sont vraiment passées le plus naturellement du monde.

Comme on le disait avec certains, les copains de Twitter c’est tout simplement les copains qu’on aimerait avoir autour de soi au quotidien pour pouvoir partager nos délires numerico-(ré)éducatifs.

Le petit bonus de la fin

J’ai également croisé sur Ludovia les incroyables Régis Forgione et Fabien Hobart aka @profdesecoles et @Karabasse77 sur Twitter. Avec @nicdurupt, ils tiennent le podcast Nipedu dans lequel ils m’avaient interviewée l’été dernier. Et là j’ai eu l’honneur de passer à nouveau derrière le micro pour une petite capsule audio en bonne compagnie.
Pour en savoir plus, allez écouter l’épisode 42 de Nipédu, ça en vaut la peine (et pas que pour entendre ma voix).

Quelques nouvelles

Bonjour à tous,

Après plus de 4 mois sans article je vous dois tout de même quelques explications !

Comme vous vous en doutez, les derniers mois ont donc été un peu chargés entre le cabinet, la fin de l’année universitaire, les formations, la rédaction d’un article et un stage tout le mois de juillet dans le cadre de mon master.

L’objectif de ce stage était le portage en application d’un bilan de dépistage des troubles du langage en phase aiguë. Je peux donc désormais ajouter cette compétence à mon arc, même si je ne suis pas prête à créer une nouvelle application de sitôt ! Ceci étant le travail et la partie réflexion sur la conception étaient très intéressants.

Durant ce mois d’août je suis en congés, loin de mon ordinateur et de ma tablette (mis à part aujourd’hui). Reprise prévue à la rentrée, où je vais essayer de tenir le rythme de 2 billets par mois car j’ai des sujets d’articles plein mes valises !

Bonne fin d’été à tous et à très bientôt,

Lydie

Ortho & Co a 3 ans !

Et oui, comme le temps passe vite !

Ortho & co vient de souffler sa troisième bougie au mois de mars. Je le dis chaque année mais je n’aurais jamais imaginé être dans cette situation aujourd’hui !!

Alors tout d’abord, avant de faire un petit récapitulatif de l’année écoulée je voulais vous remercier tous, les lecteurs, les followers, les responsables d’organismes de formation et les stagiaires !!
C’est grâce à vous que j’ai envie de continuer à faire vivre ce site, même si je manque un peu de temps depuis que j’ai repris mes études.

Le bilan

Dans sa troisième année, Ortho & Co pour moi ça aura été :

  • 18 billets de blog,
  • 1001 nouveaux inscrits à la Newsletter,
  • 247 489 pages vues sur le site,
  • 1 seule mise à jour de la rubrique « En ce moment dans mon iPad »,
  • 2 lancements de sites « associés » : Ortho & Co – CAA et WikiAppli,
  • 15 groupes d’orthophonistes en formation continue,
  • 6 interventions pour des conférences plus ou moins officielles,
  • et une reprise d’étude !

Et la suite ?

Pour l’année à venir j’ai prévu quelques petits changements :

  • l’amélioration de l’ergonomie du site,
  • la création d’une plateforme de formation en ligne,
  • le transfert progressif de la rubrique « en ce moment dans mon iPad » vers des fiches WikiAppli.

Et toujours la poursuite de la rédaction de billets de blog, en gardant la double casquette tablettes et autres outils numériques.

J’en profite au passage pour vous demander votre avis : quels sujets souhaiteriez-vous que j’aborde sur le site ?

Les claviers externes sur iOs 8

iOS 8 qui est sorti il y a quelques mois maintenant a apporté une nouvelle fonctionnalité qui peut être intéressante dans le cadre de notre travail d’orthophoniste : la possibilité d’utiliser des claviers externes, qui sont des claviers différents de celui intégré par défaut dans le système d’exploitation.

J’avais déjà fait un billet sur le fonctionnement du clavier de l’iPad il y a presque 2 ans. Les principes de base n’ont pas trop changé depuis (et la procédure pour installer un nouveau clavier est toujours la même).
Pour les claviers externes vous allez donc télécharger une application, et activer ensuite le clavier associé à l’application dans les réglages de votre machine. Le paramétrage du clavier se fait par contre dans l’application associée au clavier.

claviers_extA noter que ces claviers externes vont vous demander d’accéder à tout ce que vous tapez pour pouvoir « apprendre » de vos comportements de frappe. Cela implique que potentiellement ils peuvent accéder au détail de tout ce que vous racontez dans vos mails ou autres (mais rassurez-vous -ou pas- Apple le fait déjà sans vous avoir demandé votre avis, Gmail et les autres analysent également le contenu de vos mails depuis des années…) Bref ce n’est pas nouveau mais il est bon de se lancer en toute connaissance de cause.

Je vous propose dans ce billet de parcourir les quelques claviers externes que j’ai testés et leurs avantages et inconvénients pour notre pratique, soit en séance, soit comme outil de compensation pour nos patients.

Fleksy

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Les options

  • changer la couleur du clavier : par défaut les lignes sont alternées entre une couleur claire et une couleur plus foncée. Il y a plusieurs packs de couleurs inclus, les autres sont accessibles via des achats intégrés.
  • ajout d’extensions : idem, certaines extensions sont inclues d’origine, d’autres sont accessibles via des achats intégrés. Parmi celles que je trouve intéressantes il y a :
    • affichage au dessus du clavier d’une ligne avec des nombres
    • affichage au dessus du clavier d’une ligne avec des raccourcis (jusqu’à xx raccourcis paramétrables)
  • possibilité de basculer le clavier complètement dans la moitié droite ou gauche de l’écran (pratique en cas d’héminégligence ou de troubles du champ visuel, ou pour taper d’une seule main).
  • prédiction orthographique (possibilité de changer la langue de prédiction), par contre la prédiction n’apparait que lorsque l’on a déjà appuyé sur la barre d’espace en ayant tapé un mot, pas avant.
  • changement d’organisation du clavier parmi des positions préconfigurées ; qwerty, azerty, colemak, dvorak, qwertz, qzerty. A noter que l’on peut changer la position du clavier indépendamment de la langue de la prédiction et de la correction.
  • retour vocal : faire prononcer par la synthèse vocale le mot qui vient d’être tapé
  • raccourcis claviers : plusieurs raccourcis sont mis en place automatiquement avec des glissements vers le haut, le bas, la droite ou la gauche : validation du mot prédit, ajout d’un espace, ajout/retrait d’un mot du dictionnaire personnel, effacement d’un mot ou de la suite de mots, accès rapide aux émoticônes…
  • choix parmi 3 tailles de clavier : normale, petite ou grande
  • apprentissage de vos habitudes de frappe (si vous le souhaitez et créez un compte fleksy)

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Mon avis

Un clavier intéressant pour les patients avec des troubles visuels, ou ceux qui ont besoin du retour vocal. Peu intéressant par contre pour la prédiction dans son mode de fonctionnement actuel.

PhraseBoard

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Les options

  • Créer des phrases prédéfinies réparties en différentes catégories… Par défaut il est livré avec des catégories et des phrases en anglais mais le tout peut être changé facilement.

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Mon avis

Un clavier intéressant pour ceux qui ont souvent les mêmes textes à taper. Ou bien comme outil de CAA (Communication Alternative et Augmentée) pour des personnes qui ont accès à l’écrit.

Swype

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Les options

Et bien il n’y en a pas beaucoup. Swype est un clavier qui fonctionne avec un glisser des doigts sur le clavier au lieu de taper sur les touches. Il est associé à une prédiction de mots qui est relativement efficace. Il est possible de choisir entre plusieurs langues (français et anglais par défaut chez moi).
Parmi les options il y a aussi la possibilité d’effectuer un changement de thème graphique (5 thèmes différents sont disponibles), d’activer ou pas la correction automatique, l’espace automatique après chaque mot prédit, les bips touches, et l’ajout de nouveaux mots dans votre dictionnaire personnel.

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Mon avis

Swype est un clavier qui me paraît intéressant pour les patients qui ont des problèmes moteurs et qui arrivent mieux à glisser qu’à cliquer. Par contre il ne me semble pas pratique pour les patients qui souffrent de dysorthographie car ils ne vont pas vraiment être confrontés à un modèle adéquat (même s’ils iront effectivement plus vite qu’avec un clavier classique). Autre remarque : je trouve que ce clavier prend tout son sens lorsque l’on connaît déjà l’emplacement des touches et peut être plus sur un smartphone qu’une tablette où les mouvements sont très longs à effectuer (cela dit ce billet vaut pour iOS 8 donc il est également valable pour les iPhones et les iPods Touch).

Swiftkey

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Les options

Ce clavier ressemble beaucoup au précédent. On retrouve grosso modo les mêmes options, à savoir la possibilité de glisser au lieu de taper les mots, le choix entre plusieurs thèmes, l’espacement automatique après les mots, le choix entre plusieurs langues, le son des touches, la correction automatique…

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Mon avis

A l’origine ce clavier s’est rendu célèbre pour sa prédiction, quand son concurrent a mis en place l’option de glissement. Donc je suppose qu’à l’usage chacun d’entre eux est meilleur dans son domaine d’origine. Ici il me paraît plus adéquat pour les patients dysorthographiques dans le sens où il est possible de désactiver l’option de glissement. Enfin si vous l’activez dans les options le clavier peut apprendre vos habitudes de frappe et même les synchroniser entre plusieurs appareils.

MyScript Stack

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Les options

Ce clavier perd d’utiliser l’écriture manuscrite combinée avec une prédiction orthographique. A la place d’un clavier classique vous disposez d’une zone dans laquelle vous pouvez tracer des caractères en écriture scripte. Vous n’avez pas besoin de décaler votre main mais vous pouvez tracer les lettres les unes par dessus les autres. Parmi les options  il est possible de choisir le thème et la couleur du tracé des lettres, l’épaisseur du trait, ainsi que la langue d’utilisation.

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Mon avis

Très utile pour les langues qui n’utilisent pas l’alphabet latin, je trouve en ce qui me concerne que l’on est énormément ralenti par rapport à une frappe au clavier. Maintenant pour un patient qui aurait une mobilité réduite (pour les mouvements de progression) mais qui connaîtrait le tracé des lettres (et aurait assez de mobilité pour les mouvements d’inscription) cela lui permet de les écrire toutes les unes par dessus et les autres et d’obtenir un texte lisible.

Enfin je sais que certains orthophonistes sont à la recherche de ce genre d’outil permettant la reconnaissance de l’écriture manuscrite.

A noter qu’il existe également une application appelée MyScript Smart Note qui permet de prendre des notes manuscrites (en utilisant des mouvements de progression classique par contre) et d’exporter ensuite le texte éditable.

Pour utiliser ce clavier et cette application il est possible d’utiliser les doigts pour tracer ou alors un stylet. Attention les stylets d’une manière générale ne permettent pas un tracé très fin, mis à part certains comme le Jot Pro.

Keeble

Dernier clavier de la liste et finalement le seul qui a vraiment été pensé pour le handicap (et aussi le plus cher) : Keeble, de la société AssistiveWare (qui édite déjà Proloquo2Go ou Pictello).

Ce clavier n’existait pas en français au moment où j’ai commencé à rédiger ce billet mais comme j’ai mis plusieurs semaines à le terminer je peux finalement en parler !

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Les options

  • Apparence
    • choix du thème : gris, coloré ou personnalisé (on peut alors choisir la couleur du fond, du fond des touches d’une manière générale, du fond de certaines touches en particulier…)
    • disposition : ABC simplifié, AZERTY simplifié, AZERTY, Numérisation – ABC, Numérisation – Fréquence d’utilisation
    • couleur des voyelles
    • casse d’étiquette de touche
  • Prédiction
    • activée ou pas
    • ordre de suggestion : alphabétique ou probabilité
    • niveau de prédiction : achèvement du mot, prédiction du mot suivant ou prédiction multimot
    • apprentissage : désactivé, mots correctement orthographiés, tous les mots
  • Accès
    • répétition de retour arrière : activée ou non
    • retard de répétition : de 0,1s à 5s
    • débit de répétition : de 0,1s à 5s
    • mode de balayage : par rangée ou par groupe de rangées
    • accès alternatif (contacteur) : activé ou non. S’il est activé plusieurs options sont encore possibles
  • Retour auditif
    • clics du clavier
    • énoncer les touches
    • énoncer par mots
    • énoncer par phrases
    • voix (accent)
    • débit vocal

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Mon avis

Keeble est le seul de la liste qui a été pensé dès le départ pour le handicap et cela se sent. Toutes les options du mode « balayage » peuvent vraiment être intéressantes à mon sens pour ceux qui utilisent ce mode d’entrée (que je n’ai pas pu tester personnellement).

C’est également le seul de cette petite liste qui propose un retour vocal sur les mots et les phrases. Grâce à cela nos patients dys peuvent avoir ce retour auditif dans toutes les applications qui utilisent le clavier système, et plus seulement dans des applications spécifiques.

Android

Chez Android les claviers externes existent depuis bien plus longtemps. Certains de ceux qui ont été détaillé dans ce billet existent aussi pour ce système d’exploitation : Flesky, Swype, Swiftkey, de même que l’application MyScript Smart Note. A noter aussi le clavier Google qui permet d’avoir accès à la dictée vocale à partir du clavier comme sur iOs.

Et vous ? Avez-vous testé d’autres claviers externes ? Avez-vous essayé ceux-là avec vos patients ? N’hésitez pas à raconter votre expérience dans les commentaires de ce billet !